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La France, pays aux mille visages que l'on croit connaître

Un parfum de croissant chaud s'échappe d'une boulangerie à 6h du matin, dans une ruelle pavée que Google Maps n'a jamais référencée. C'est ça, la France. Pas seulement la Tour Eiffel et le Louvre, mais ces milliers de villages où le temps semble négocier avec la modernité. Première destination touristique mondiale avec près de 90 millions de visiteurs par an, le pays reste paradoxalement truffé de recoins où l'on ne croise personne.

Est-ce une destination faite pour vous ?

Ce pays s'adresse aux voyageurs qui aiment prendre leur temps. Si vous cherchez des plages désertes à prix cassés ou une aventure de routard avec sac à dos, passez votre chemin. La France récompense ceux qui acceptent de ralentir, de s'attabler deux heures pour déjeuner, de discuter avec un vigneron ou de se perdre dans un marché de village.

Côté budget, soyons francs : les grandes villes coûtent cher. Paris peut facilement avaler 150 à 200 € par jour entre hébergement, repas et visites. En revanche, l'arrière-pays offre des chambres d'hôtes à 60-80 € la nuit avec petit-déjeuner copieux. La barrière de la langue existe encore dans les zones rurales, mais un effort en français ouvre toujours des portes.

Des châteaux de conte aux villages oubliés

Le patrimoine français ne se limite pas aux sites classés UNESCO. Les châteaux de la Loire restent une entrée en matière spectaculaire : Chambord et ses 426 pièces, Chenonceau enjambant le Cher, Blois et son escalier à double révolution. Comptez trois à quatre jours pour explorer cette région sans courir.

L'histoire moins fréquentée

Au-delà des incontournables, le pays cache des trésors méconnus. Rocamadour, accroché à sa falaise dans le Lot, offre une verticalité vertigineuse que les pèlerins gravissent depuis le Moyen Âge. Conques, dans l'Aveyron, interdit les voitures dans son centre : le silence y est presque troublant. La cité fortifiée d'Aigues-Mortes, en Camargue, surprend par son état de conservation et ses salins roses.

Conseil d'ami : visitez le Château de Versailles en semaine et achetez vos billets en ligne. Le week-end, les files d'attente peuvent dépasser deux heures.

Des côtes pour tous les tempéraments

La France possède trois façades maritimes aux personnalités distinctes. Au sud, la Méditerranée déroule ses eaux turquoise de Nice aux calanques de Cassis. La côte d'Azur attire toujours la jet-set, mais ses arrière-pays provençaux offrent une alternative plus calme et authentique.

L'Atlantique sauvage

La côte ouest raconte une autre histoire. La Dune du Pilat, plus haute dune de sable d'Europe, domine le bassin d'Arcachon. Les surfeurs se retrouvent sur les spots du Pays basque et des Landes. Plus au nord, la Baule déploie neuf kilomètres de sable fin, tandis que la Bretagne offre des criques sauvages battues par les vents.

La Manche et ses côtes normandes méritent le détour. Les falaises d'Étretat ont inspiré les impressionnistes. Les planches de Deauville conservent leur charme Belle Époque. La traversée de la baie du mont Saint-Michel reste une expérience à vivre au moins une fois.

Sentiers de montagne et volcans endormis

Les Alpes françaises culminent au Mont-Blanc, toit de l'Europe occidentale. L'été, Chamonix devient un paradis pour randonneurs et alpinistes. Les Pyrénées offrent des paysages plus sauvages, moins fréquentés, avec des villages de montagne où le temps semble suspendu.

Le centre du pays recèle une surprise géologique : les volcans d'Auvergne. La chaîne des Puys, classée UNESCO, aligne ses cônes parfaits sur 45 kilomètres. Les lacs de cratère y sont nombreux et propices à la baignade en été. Le GR20, qui traverse la Corse du nord au sud, figure parmi les plus beaux treks d'Europe.

Conseil d'ami : le sentier des douaniers dans le Finistère longe la côte bretonne sur des centaines de kilomètres. Choisissez un tronçon de quelques jours pour profiter des points de vue sans vous épuiser.

La France profonde, celle qu'on ne montre pas

Les régions oubliées des circuits touristiques réservent souvent les meilleures surprises. La Camargue, vaste zone humide au sud de la Provence, abrite chevaux sauvages, taureaux et flamants roses par milliers. Le Jura, coincé entre Bourgogne et Suisse, déploie des lacs turquoise et des cascades spectaculaires.

Villages hors du temps

Saint-Guilhem-le-Désert, dans l'Hérault, n'a pas changé depuis que son abbaye fut fondée en 806. L'île de Molène, au large du Finistère, mesure à peine un kilomètre de long : on y croise des phoques gris plutôt que des touristes. Albi, surnommée la ville rouge pour ses briques, abrite le plus grand musée dédié à Toulouse-Lautrec.

La France dans l'assiette : bien plus que croissants et baguettes

La cuisine française se décline en autant de versions que de régions. En Alsace, la tarte flambée rivalise avec la choucroute garnie de saucisses fumées. La Bretagne excelle dans les galettes de sarrasin et les fruits de mer. Lyon, autoproclamée capitale de la gastronomie, cultive ses bouchons où l'on sert quenelles et tablier de sapeur.

Le Sud-Ouest mise sur le canard : foie gras, confit, magret. Le cassoulet, mijoté avec haricots blancs et viandes confites, réchauffe les soirées d'hiver. La bouillabaisse marseillaise rassemble les poissons de roche dans un bouillon safranné. Chaque terroir a ses fromages : Comté jurassien, Roquefort aveyronnais, Camembert normand.

Les routes des vins serpentent à travers le Bordelais, la Bourgogne et l'Alsace. Visitez les caves, goûtez les crus, discutez avec les vignerons. Le vin se déguste ici comme un patrimoine vivant, pas comme un simple produit.

Quand partir en France ?

Le climat tempéré autorise les visites toute l'année, mais chaque saison a son caractère. Le printemps, d'avril à juin, offre le meilleur compromis : températures douces, floraisons spectaculaires et affluence modérée. Les champs de colza jaune illuminent la Bourgogne en avril, la lavande embaume la Provence dès fin juin.

L'été reste la haute saison. Juillet et août concentrent les vacanciers français sur les côtes et dans les montagnes. Paris se vide partiellement de ses habitants mais se remplit de touristes. Les températures peuvent dépasser 35°C dans le Sud, rendant les visites pénibles aux heures chaudes.

L'automne, de septembre à novembre, séduit les amateurs de vin et de randonnée. Les vendanges animent les vignobles, les forêts se parent de couleurs flamboyantes. L'hiver convient aux skieurs dans les Alpes et les Pyrénées, aux amateurs de marchés de Noël en Alsace, aux citadins qui préfèrent les musées parisiens sans la foule.

Comment aller en France ?

L'aéroport Paris-Charles de Gaulle, situé à 25 km au nord-est de la capitale, accueille la majorité des vols internationaux. Air France, Delta et United Airlines y assurent des liaisons avec le monde entier. Paris-Orly, plus proche du centre-ville, dessert principalement l'Europe et le Maghreb.

Les compagnies low-cost comme easyJet, Transavia, Vueling et Ryanair proposent des tarifs à partir de 30-50 € depuis de nombreuses villes européennes. Attention : Ryanair utilise souvent l'aéroport de Beauvais, situé à 85 km de Paris. Le transfert en bus coûte environ 17 € et prend 1h30.

Depuis l'Europe, le train offre une alternative confortable. L'Eurostar relie Londres à Paris en 2h15. Le Thalys connecte Bruxelles, Amsterdam et Cologne. Les TGV espagnols et italiens desservent également Paris et d'autres grandes villes françaises.

Comment se déplacer en France ?

Le réseau TGV reste le moyen le plus efficace pour couvrir de grandes distances. Paris-Marseille en 3h, Paris-Bordeaux en 2h, Paris-Strasbourg en 1h45. Les billets Ouigo, version low-cost du TGV, démarrent à 16 € si l'on réserve à l'avance. La carte Avantage offre 30% de réduction pour 49 € par an.

Les TER régionaux et les Intercités complètent le maillage ferroviaire vers les villes moyennes et les zones rurales. Les applications SNCF Connect et Trainline permettent de comparer les prix et de réserver facilement.

La location de voiture s'impose pour explorer la Bretagne, le Pays basque, la Corse ou l'arrière-pays provençal. Le réseau autoroutier est excellent mais payant : comptez environ 70 € de péage pour Paris-Nice. Les routes départementales offrent des alternatives gratuites et souvent plus pittoresques. En Corse, les ferries depuis Marseille, Nice ou Toulon constituent le mode d'accès principal avec des traversées de 4 à 12 heures selon les lignes.

Conseil d'ami : dans les grandes villes, privilégiez les transports en commun. À Paris, le ticket Paris Région Aéroports coûte 13 € depuis CDG ou Orly vers n'importe quelle station de métro ou RER.