Visiter le Chubu
Le Chubu est le ventre montagneux du Japon, celui que le shinkansen traverse sans s'arrêter. Nagoya en garde la porte, 2,3 millions d'habitants et aucune envie de se vendre au tourisme.
À deux heures de train vers le nord, Takayama a gardé ses rues de marchands en bois noirci, parce que la montagne l'a tenue à l'écart des bombardements et des promoteurs. À l'est, Fujikawaguchiko vit d'une seule chose : la vue.
Vous allez aimer si
- Vous voulez un Japon de bois et de neige plutôt que de néons
- Vous acceptez de vous lever à 6h pour un marché et un reflet
- Le train vous va : tout se fait sans voiture
Regardez ailleurs si
- Vous venez en juin : la saison des pluies noie la montagne
- Vous comptez voir le Fuji sur commande : il se cache deux jours sur trois en été
- Vous cherchez la mer : ici on est à mille mètres, entre deux chaînes
Les incontournables
Les incontournables
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1 Le mont Fuji +22 recos
3 776 mètres, un cône presque parfait, et une obsession japonaise vieille de treize siècles. On le gravit en juillet et août, de nuit, dans une procession de lampes frontales ; le reste de l'année on le regarde, ce qui est déjà un programme.
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2 Le marché du matin de Miyagawa +11 recos
350 mètres de tentes blanches le long de la rivière, entre les ponts Kajibashi et Yayoibashi, tous les matins depuis deux siècles. Les paysannes de la vallée y vendent leurs légumes de montagne dès 7h, et tout est plié à midi.
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3 Le village folklorique de Hida no Sato +11 recos
Une trentaine de fermes à toit de chaume remontées autour d'un étang. Chaque matin les gardiens allument les foyers irori : la fumée qui monte dans la charpente n'est pas un effet, c'est ce qui conserve le bois depuis trois cents ans.
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4 Takayama Jinya +11 recos
Le dernier bureau de gouvernement de l'époque d'Edo encore debout au Japon. On y marche en chaussettes sur les tatamis, entre les salles d'audience et le grenier à riz où l'impôt de la province était pesé.
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5 La salle des chars Yatai Kaikan +11 recos
Quatre étages de laque noire et or, surmontés de marionnettes de soie. Les chars du festival d'automne ne sortent que deux jours par an : ici on les voit de près, sous dix mètres de plafond, toute l'année.
Nos itinéraires dans le Chubu
| Durée | Itinéraire | Ce que vous voyez |
|---|---|---|
| Week-end (2 jours) | Takayama | Le vieux quartier, le marché, Hida no Sato |
| 4 jours | Nagoya › Takayama | La métropole et la ville de bois |
| 1 semaine | Nagoya › Takayama › Fujikawaguchiko | Les deux versants et le volcan |
Dans l'autre sens, Fujikawaguchiko se greffe aussi sur un séjour à Tokyo, dont il n'est qu'à deux heures de bus. C'est la façon la plus simple de voir le mont Fuji sans réorganiser un voyage entier.
Takayama, elle, mérite deux nuits. Une seule ne laisse que l'après-midi, quand les cars de la journée remplissent Sanmachi Suji et que la ville joue son propre décor.
Quand partir dans le Chubu ?
| Note | Saison | Météo | Affluence et prix |
|---|---|---|---|
| Avril et mai | 10 à 20 °C, cerisiers tardifs en montagne | Forte mi-avril, festival de printemps | |
| Octobre et novembre | 8 à 18 °C, érables rouges | Forte, réserver un mois avant | |
| Juin et début juillet | Saison des pluies, sommets bouchés | Faible, prix bas mais vues nulles | |
| Décembre à mars | -5 à 5 °C, neige épaisse | Calme, le Fuji se voit le mieux |
Notre conseil
L'hiver est la seule saison où le mont Fuji se montre presque tous les matins : l'air sec de janvier le dégage, alors que l'humidité d'août le cache. Et la chute d'Hirayu se prend en glace, éclairée le soir.
Comment aller dans le Chubu ?
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1 En avion L'entrée
Air France relie Paris à Tokyo et à Osaka en une douzaine d'heures, sans escale. Nagoya a aussi son aéroport international, moins desservi depuis l'Europe mais imbattable si le Chubu est votre première étape.
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2 En shinkansen Le plus simple
Nagoya est à 1h40 de Tokyo et à 50 minutes d'Osaka, plusieurs trains par heure. C'est le pivot de toute la région, et le Japan Rail Pass le couvre.
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3 En train de montagne Sur place
de Nagoya, la ligne Takayama remonte la vallée de la Hida en 2h20, le long de la rivière et à travers une trentaine de tunnels. Côté est, un bus direct depuis Tokyo dessert Fujikawaguchiko.
La combinaison la plus courante : arrivée à Tokyo, Fujikawaguchiko en bus, retour à Tokyo, puis shinkansen vers Nagoya et la ligne de montagne. Les deux versants ne se relient pas directement, et vouloir les coudre coûte une journée.
Comment se déplacer dans le Chubu ?
Takayama se fait entièrement à pied : de la gare au vieux quartier il y a dix minutes, et Hida no Sato est à un bus de dix minutes. Autour du lac Kawaguchi, un bus rétro fait le tour des points de vue toutes les quinze minutes.
Bon à savoir
Les bus de montagne vers les cols et la chute d'Hirayu tournent au ralenti hors saison, et certaines routes d'altitude ferment de novembre à mai. L'horaire se vérifie la veille, à la gare routière : celui affiché en ligne est souvent celui de l'été.
Que manger dans le Chubu ?
- Le bœuf de Hida : la race noire élevée dans ces vallées, persillée comme celle de Kobe et moins chère ici qu'ailleurs. Grillé sur une feuille de magnolia, avec du miso.
- Le hoba miso : justement cette feuille séchée, posée sur un brasero, où le miso caramélise avec des légumes et des champignons. Le petit déjeuner d'auberge de la région.
- Les soba de sarrasin : la montagne ne fait pas pousser de riz au-delà d'une certaine altitude, d'où le sarrasin, servi froid avec un bouillon à part.
- Le mitarashi dango : des boulettes de riz grillées à la sauce soja, vendues à la brochette sur le marché du matin. Salées, pas sucrées, et à manger debout.
- Le saké de Hida : six brasseries dans les rues de Sanmachi Suji, reconnaissables à la boule de cèdre suspendue au-dessus de la porte. Elles ouvrent leurs caves à tour de rôle en hiver.
- Les tsukemono : légumes de montagne salés, l'accompagnement obligé du riz. On les achète en sachet au marché, et ils supportent le voyage.
- Le hitsumabushi de Nagoya : l'anguille grillée servie en trois façons dans le même repas, spécialité de la ville et rien d'autre.
Les restaurants de Takayama ferment tôt, souvent à 20h, et beaucoup n'ouvrent pas le mercredi. Le dîner se réserve donc en arrivant, ou se prend à l'auberge, ce qui est ici la meilleure option.
Où dormir dans le Chubu ?
| Secteur | À quoi ça sert | Bon à savoir |
|---|---|---|
| Takayama, Sanmachi Suji | Marché du matin, Takayama Jinya, brasseries | Tout à pied, ryokan de bois, cher en avril |
| Takayama, côté gare | Ligne de montagne, bus, budget | Cinq minutes de moins pratiques, 30 % moins cher |
| Fujikawaguchiko, rive nord | Lac Kawaguchi, reflet du volcan | Les chambres avec vue partent trois mois avant |
| Fujikawaguchiko, près du téléphérique | Points de vue, départs de rando | Au bord de la route, bruyant en journée |
| Nagoya, autour de la gare | Correspondances, dernier train, affaires | Une étape, pas une destination |
Une nuit en ryokan à Takayama se paie plus cher qu'un hôtel, dîner et petit déjeuner compris, et c'est le seul endroit de la région où le bain de source chaude fait partie de la chambre.
Côté Fuji, la vue se paie au mètre : la même chambre coûte le double si la fenêtre donne sur le volcan, et elle ne garantit rien quand les nuages tombent.
Quel budget pour un séjour dans le Chubu ?
| Style | Durée | Budget par personne |
|---|---|---|
| Serré (auberge, konbini, trains locaux) | 7 jours | 600 à 850 € |
| Confortable (hôtel, restaurants, Rail Pass) | 7 jours | 1 300 à 1 800 € |
| Élevé (ryokan avec bain privé, bœuf de Hida) | 7 jours | 2 800 à 4 000 € |
- Le Japan Rail Pass : rentable dès deux allers-retours en shinkansen, et il couvre la ligne de montagne vers Takayama.
- Le bus de nuit : Tokyo ou Osaka vers Nagoya pour le tiers du prix du train, et une nuit d'hôtel économisée.
- Le déjeuner : le teishoku de midi coûte la moitié de la carte du soir, bœuf de Hida compris, dans les mêmes maisons.
- Les foyers gratuits : marché du matin, rues de Sanmachi Suji, caves de saké en dégustation : la moitié de Takayama ne coûte rien.
- Juin : les prix tombent avec la pluie. À accepter si vous venez pour la ville plutôt que pour les sommets.
Traditions et art de vivre dans le Chubu
Takayama était administrée directement par le shogunat, et non par un seigneur local : son bois de cèdre et son or valaient qu'on la tienne de près. Takayama Jinya est le bâtiment de cette tutelle, et le seul survivant de son espèce.
Les charpentiers de la Hida, eux, étaient réquisitionnés pour bâtir les temples de Kyoto. C'est pourquoi une maison de marchand d'ici, comme le Kusakabe Mingeikan, porte une poutre maîtresse de treize mètres sans un seul assemblage.
Deux usages qui évitent une gêne. Dans un ryokan on se lave avant d'entrer dans le bain, jamais dedans, et la serviette reste au bord. Et dans les maisons ouvertes à la visite, les chaussures se laissent à l'entrée : prévoir des chaussettes sans trou, elles seront vues.