Visiter le Kansai
Nara a été la capitale du Japon avant Kyōto, qui l'a été pendant plus de mille ans. Les deux sont à moins d'une heure de train l'une de l'autre. Entre elles, Osaka n'a jamais régné et le revendique : cuisine de rue, dialecte franc, façades criardes le long du canal Dotonbori.
C'est ce qui distingue le Kansai du reste du Japon. Trois villes aux tempéraments opposés, reliées par des trains qui partent toutes les dix minutes, et qui tiennent dans un seul séjour sans changer d'hôtel. Le pays qu'on vient chercher au Japon, temples de bois et ruelles de lanternes, est ici, et il n'exige aucun trajet long.
Vous allez aimer si
- Vous voulez des temples et des villes sans passer vos journées dans les transports
- Vous mangez pour voyager autant que vous marchez
- Vous acceptez de viser avril ou novembre, et de réserver longtemps avant
Passez votre chemin si
- Vous venez en juillet ou en août sans avoir vu ce que devient la chaleur dans un bassin
- Vous cherchez des plages ou des grands espaces vides
- Les foules devant un site classé vous gâchent la visite
Les incontournables
Les incontournables
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1 Kyōto +294 recos
Capitale du Japon de 794 à 1868, épargnée par les bombardements de 1945. Dix-sept de ses monuments sont inscrits au patrimoine mondial. Le Pavillon d'or se visite en une heure, le quartier de Gion se marche à la tombée du jour.
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2 Fushimi Inari-taisha +18 recos
Des milliers de portiques vermillon montent le flanc du mont Inari, offerts par des entreprises dont le nom est gravé au revers. Le sentier fait quatre kilomètres jusqu'au sommet. Les deux premiers cents mètres sont noirs de monde, la suite presque vide.
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3 Dotonbori +17 recos
Le canal d'Osaka et ses enseignes animées, dont le coureur Glico allumé depuis 1935. On y mange debout : takoyaki, okonomiyaki, kushikatsu. C'est la ville qui se moque le plus volontiers d'elle-même au Japon.
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4 Les érables Novembre
Le rouge des momiji tient environ deux semaines, de mi-novembre à début décembre selon les jardins. Les temples de Kyōto ouvrent en nocturne pour l'occasion. C'est la saison que visent les Japonais eux-mêmes, et les prix le disent.
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5 Nara +123 recos
Première capitale permanente du pays, de 710 à 784. Des daims sika circulent librement dans le parc, où le Todai-ji abrite un Bouddha de bronze de quinze mètres. Une demi-journée depuis Kyōto ou Osaka suffit.
Nos itinéraires dans le Kansai
| Durée | Itinéraire | Ce que vous voyez |
|---|---|---|
| Week-end long (4 j.) | Kyōto › Nara | Temples et daims |
| 1 semaine | Kyōto › Nara › Osaka › Kobe | Trois tempéraments, une cuisine |
| 10 jours | Kyōto › Uji › Nara › Osaka › Himeji › Miyazu | Thé, château, littoral |
Une base unique et des allers-retours en train, c'est la manière la plus simple de circuler ici. Kyōto ou Osaka font cette base indifféremment : elles sont à quinze minutes de Shinkansen, et chacune dessert Nara, Kobe et Himeji en moins d'une heure.
Compter une demi-journée par ville visitée, pas une journée entière : les temples ferment tôt, souvent à 17 heures, et le trajet de retour se fait de nuit sans rien voir.
Quand partir dans le Kansai ?
| Intérêt | Saison | Météo | Affluence et prix |
|---|---|---|---|
| ★★★ | Fin mars à mi-avril | 12 à 20 °C, sec | Maximum, réserver des mois avant |
| ★★★ | Mi-novembre à début décembre | 8 à 17 °C, sec | Très forte, prix hauts |
| ★★ | Mai et octobre | 15 à 25 °C, agréable | Soutenue, prix moyens |
| ★ | Juin à septembre | 25 à 35 °C, très humide | Faible en août, prix bas |
Notre conseil
Visez la deuxième quinzaine de novembre plutôt qu'avril : les érables durent plus longtemps que les cerisiers, et les nocturnes des temples n'existent qu'à cette saison. Évitez la première semaine de mai, le Japon entier est en congés.
Comment aller dans le Kansai ?
- En avion : Kansai International, bâti sur une île artificielle de la baie d'Osaka, relié à Kyōto et Osaka par train direct. C'est la porte d'entrée de la région.
- En Shinkansen : la gare de Shin-Osaka et celle de Kyōto sont sur la ligne Tokaido, qui relie Tokyo. Le train arrive au centre, l'avion non.
- En train régional : trois réseaux desservent la région, JR et deux compagnies privées, souvent en concurrence sur le même trajet. La moins chère n'est presque jamais JR.
Pour un séjour qui commence ici, l'avion jusqu'à Kansai International. Pour un séjour qui enchaîne avec Tokyo, le Shinkansen, sans hésiter : il dépose au centre de Kyōto et évite deux transferts d'aéroport.
Comment se déplacer dans le Kansai ?
La voiture ne sert à rien ici, et elle coûte cher en stationnement. Tout se fait en train, métro et bus, avec une carte rechargeable qu'on passe sur le portique.
En train
- Des départs toutes les dix minutes entre les trois grandes villes
- Une carte rechargeable valable sur presque tous les réseaux et dans les commerces
- Aucun stationnement à chercher, aucune route de montagne
Ce qu'il faut accepter
- Des gares immenses où changer de ligne prend un quart d'heure à pied
- Des derniers trains vers minuit, plus tôt sur les lignes secondaires
- Des trajets à calculer : trois compagnies se partagent les mêmes destinations
Bon à savoir
Le pass illimité national n'est presque jamais rentable pour un séjour qui reste dans le Kansai : les trajets y sont courts. Comparez avec les pass régionaux avant de l'acheter.
Que manger dans le Kansai ?
- Takoyaki : boulettes de pâte au poulpe, cuites dans des moules en demi-sphère et servies brûlantes. La spécialité d'Osaka, mangée debout sur le trottoir.
- Okonomiyaki : une galette épaisse de chou et de pâte, cuite sur la plaque devant vous. La version d'Osaka mélange tout avant cuisson, celle d'Hiroshima empile les couches.
- Kushikatsu : brochettes panées et frites, une sauce commune où l'on ne trempe qu'une fois. La règle est affichée dans chaque établissement.
- Kaiseki : le repas en séquence de Kyōto, né du service du thé. Un déjeuner en version courte coûte une fraction du dîner et suffit à comprendre.
- Matcha d'Uji : la ville produit le thé vert le plus réputé du pays depuis le douzième siècle. On le boit sur place, on le mange aussi, en glace et en pâtisserie.
- Bœuf de Kobe : une appellation stricte, quelques milliers de bêtes certifiées par an. Le steak est hors de prix, le sandwich de midi beaucoup moins.
- Saké : deux des plus grands quartiers brassicoles du Japon sont ici, Nada à Kobe et Fushimi à Kyōto. Les caves se visitent et font déguster.
Les cuisines ferment tôt, souvent à 21 heures hors des quartiers de sortie, et beaucoup d'adresses ne servent plus après 14 heures le midi. Mangez aux heures japonaises ou vous trouverez portes closes.
Où dormir dans le Kansai ?
| Zone | Pour faire quoi | À savoir |
|---|---|---|
| Kyōto, autour de la gare | Rayonner en train, temples le matin | Le plus pratique, le moins charmant |
| Kyōto, Gion et Higashiyama | Marcher le soir dans les ruelles | Cher, et complet des mois avant |
| Osaka, Namba ou Umeda | Manger tard, sortir | Chambres plus grandes, prix plus bas |
| Nara | Voir le parc avant les cars | Très calme le soir, peu de choix |
| Kobe | Port, saké, bœuf | Une nuit suffit, à faire depuis Osaka |
Une seule base pour toute la région, c'est la règle ici : les trains rendent les étapes inutiles et défaire ses valises coûte une demi-journée. Kyōto pour les temples, Osaka pour manger et pour le prix des chambres.
Au-delà d'une semaine, une seconde base côté mer, à Kobe ou vers Miyazu, change le rythme du séjour.
Quel budget pour un séjour dans le Kansai ?
| Séjour | Durée | Budget par personne |
|---|---|---|
| Économique (auberge, cuisine de rue, transports locaux) | 7 jours | 600 à 850 € |
| Confort (hôtel de chaîne, restaurants, quelques visites) | 7 jours | 1 200 à 1 700 € |
| Haut de gamme (ryokan, kaiseki, taxis) | 7 jours | 2 800 à 4 000 € |
- La saison : en avril et en novembre, une chambre coûte le double du mois de juin, et se réserve six mois avant.
- Le déjeuner : le menu de midi d'un bon restaurant coûte trois à quatre fois moins que sa carte du soir, pour la même cuisine.
- Les transports : les trajets sont courts et nombreux, comptez-les dans le budget, ils montent vite sans pass régional adapté.
- Les temples : l'entrée de chacun se paie, quelques euros à chaque fois. Une journée à cinq temples n'est pas une journée gratuite.
- Le ryokan : une nuit avec dîner et petit-déjeuner vaut souvent trois nuits d'hôtel. C'est une expérience, pas un hébergement.
Traditions et art de vivre dans le Kansai
On ne parle pas ici le japonais des manuels. Le kansai-ben a ses intonations, ses mots, sa négation propre, et ceux qui le parlent n'en changent pas pour un visiteur. À Osaka, la conversation avec un commerçant est plus directe qu'ailleurs au Japon, et la répartie fait partie du commerce : la ville a donné au pays son théâtre comique.
Kyōto fonctionne à l'inverse, par formules et par sous-entendus, et les codes y sont plus serrés. Les deux villes se moquent l'une de l'autre depuis des siècles, avec une constance qui ressemble à de l'affection. À Gion, les apprenties geiko qu'on croise en fin d'après-midi vont travailler : ce sont des professionnelles en déplacement, pas une animation.
Deux usages se prennent vite. On ne photographie pas une geiko de près sans le demander, c'est interdit dans plusieurs ruelles de Gion et verbalisé. Et on ne mange pas en marchant : on s'écarte, on finit, on repart.