Visiter le Kanto
La plaine du Kanto est la plus vaste du Japon, et Tokyo l'occupe presque entièrement : une agglomération sans centre unique, faite de quartiers qui fonctionnent comme des villes. Shibuya, Shinjuku, Asakusa n'ont ni la même architecture ni le même public, et on passe de l'un à l'autre en quinze minutes de métro.
Ce qui surprend, c'est la vitesse à laquelle la région change de nature. Deux heures de train vers le nord et ce sont les sanctuaires de Nikko sous les cèdres, deux heures vers l'ouest et ce sont les bains de Hakone face au Fuji. La métropole ne s'arrête pas progressivement, elle cesse.
Vous allez aimer si
- Vous voulez une métropole et des montagnes dans le même séjour
- Marcher vous convient : tout se fait à pied depuis une station
- Vous aimez manger à toute heure et sans réserver
Passez votre chemin si
- La foule des heures de pointe vous est insupportable
- Vous cherchez le Japon des cartes postales sans passer par la ville
- Vous venez en août sans avoir vu ce que donnent 34 degrés à 80 % d'humidité
Les incontournables
Les incontournables
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1 Tokyo +348 recos
Capitale depuis 1868, rebâtie deux fois au vingtième siècle, après le séisme de 1923 puis après 1945. Ce passé explique la ville : peu de monuments anciens, une densité extrême et des quartiers qui se sont spécialisés.
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2 Le carrefour de Shibuya +27 recos
Cinq passages piétons qui s'ouvrent en même temps, plusieurs milliers de personnes à chaque cycle. Le meilleur point de vue est la passerelle de la gare, gratuite, plutôt que les cafés qui le font payer.
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3 Le temple Sensoji +17 recos
Le plus ancien temple de Tokyo, fondé au septième siècle et reconstruit après la guerre. L'allée marchande qui y mène se traverse dès sept heures, avant les groupes, quand les boutiques ouvrent leurs volets.
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4 Nikko +49 recos
Les sanctuaires shintoïstes et bouddhiques inscrits au patrimoine mondial, dont le mausolée du premier shogun Tokugawa. La laque rouge et l'or sous les cèdres géants, à deux heures de train de Tokyo.
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5 Hakone +49 recos
Des sources chaudes volcaniques et, par temps clair, le mont Fuji de l'autre côté du lac Ashi. L'auberge traditionnelle avec bain se réserve longtemps avant et se paie, mais c'est ce qu'on vient y chercher.
Le piège classique
Loger loin d'une grande station pour payer moins cher. Dans le Kanto, la distance ne se compte pas en kilomètres mais en changements de ligne : vingt minutes de marche jusqu'au métro coûtent une heure par jour, tous les jours.
Nos itinéraires dans le Kanto
| Durée | Itinéraire | Ce que vous voyez |
|---|---|---|
| Week-end long (4 j.) | Tokyo › Kamakura | Quartiers et Grand Bouddha |
| 1 semaine | Tokyo › Kamakura › Hakone | Ville, côte, sources chaudes |
| 10 jours | Tokyo › Nikko › Hakone › Yokohama › Kamakura | Sanctuaires, Fuji, port |
Tokyo comme base unique fonctionne pour tout le Kanto : Kamakura, Yokohama et Hakone sont à moins de deux heures, Nikko à deux heures et quart. Aucun besoin de changer d'hôtel, sauf pour dormir en auberge à Hakone.
Compter une journée entière par excursion, pas une demi : les trajets prennent une heure de porte à porte, et les sanctuaires ferment à seize ou dix-sept heures.
Quand partir dans le Kanto ?
| Intérêt | Saison | Météo | Affluence et prix |
|---|---|---|---|
| ★★★ | Fin mars à début avril | 10 à 18 °C, sec | Maximum, réserver des mois avant |
| ★★★ | Fin novembre à début décembre | 8 à 16 °C, sec et clair | Forte, la meilleure visibilité sur le Fuji |
| ★★ | Mai et octobre | 15 à 24 °C, agréable | Soutenue, prix moyens |
| ★ | Juin à septembre | 25 à 34 °C, très humide, typhons | Faible, prix bas |
Notre conseil
Visez fin novembre plutôt que le printemps : les érables tiennent plus longtemps que les cerisiers, l'air est sec et c'est la saison où le Fuji se voit le plus souvent depuis Hakone. Évitez la première semaine de mai, tout le pays est en congés.
Comment aller dans le Kanto ?
- En avion : deux aéroports, Narita à soixante kilomètres à l'est et Haneda en ville. Haneda met une demi-heure jusqu'au centre, Narita une heure de plus.
- En Shinkansen : la gare de Tokyo est la tête de réseau de toutes les lignes à grande vitesse du pays. Utile pour un séjour qui enchaîne avec le Kansai.
- Entre les deux aéroports : un transfert direct existe, mais il prend près de deux heures. Un vol d'arrivée à Narita et un départ de Haneda se paie en temps.
Si vous avez le choix, Haneda : la différence de trajet jusqu'au centre se compte en heures sur un aller-retour. Pour un itinéraire qui continue vers Kyoto ou Osaka, arriver ici et repartir de là-bas évite un retour à vide.
Comment se déplacer dans le Kanto ?
La voiture n'a aucun intérêt dans le Kanto et tout se fait en train. Une carte rechargeable, passée sur le portique, ouvre le métro, les lignes privées et même les distributeurs des quais.
En train
Ce qu'il faut accepter
- Des heures de pointe où l'on monte poussé par la foule, de huit à neuf heures
- Des gares labyrinthiques, Shinjuku compte plus de deux cents sorties
- Des derniers trains vers minuit, sans service de nuit
Bon à savoir
Le pass ferroviaire national n'est pas rentable pour un séjour qui reste dans le Kanto : les trajets y sont courts et couverts par la carte rechargeable. Il ne se justifie qu'avec un aller-retour en Shinkansen vers l'ouest.
Que manger dans le Kanto ?
- Sushi : le style edomae est né ici, poisson de la baie sur riz vinaigré. Un comptoir de quartier à midi coûte le quart d'un dîner et sert le même poisson.
- Monjayaki : la spécialité de Tokyo, une pâte très liquide cuite sur la plaque et raclée à la petite spatule. Plus déroutant et plus local que l'okonomiyaki.
- Soba : nouilles de sarrasin, servies chaudes en bouillon ou froides avec leur sauce. Les meilleures maisons ne font que ça et ferment quand la pâte du jour est épuisée.
- Unagi : anguille laquée et grillée au charbon, plat d'été malgré sa richesse. Une maison spécialisée la prépare devant vous, à la commande.
- Tonkatsu : côte de porc panée à la chapelure, découpée en lanières, avec du chou cru à volonté. Le plat de midi le plus répandu.
- Wagashi : pâtisseries de haricot rouge et d'agar, pensées pour accompagner le thé. Elles changent avec la saison, et c'est le sujet même de leur forme.
- Yokohama chukagai : le plus grand quartier chinois du Japon, à vingt minutes de Tokyo, où l'on mange des bouchées à la vapeur dans la rue.
Beaucoup de bonnes maisons n'ont ni carte en anglais ni réservation possible, et une file d'attente devant une porte est le meilleur signe. Les cuisines des quartiers d'affaires ferment tôt le week-end, quand les bureaux sont vides.
Où dormir dans le Kanto ?
| Zone | Pour faire quoi | À savoir |
|---|---|---|
| Shinjuku | Tout desservir, sortir tard | La gare la mieux connectée du pays |
| Shibuya | Quartiers jeunes, boutiques | Bruyant le soir, très pratique |
| Asakusa | Temple, artisanat, prix bas | Plus calme, moins central |
| Tokyo, côté gare | Excursions en Shinkansen | Hôtels d'affaires, chambres petites |
| Hakone | Bains, montagne, Fuji | Une nuit en auberge, pas plus |
Une seule base à Tokyo pour tout le séjour, près d'une grande station : c'est la connexion qui compte, pas le quartier. Shinjuku ou la gare de Tokyo mettent toute la région à moins de deux heures.
La seule exception vaut la dépense : une nuit dans une auberge de Hakone, avec bain privatif et dîner servi en chambre, qui est une expérience et non un hébergement.
Quel budget pour un séjour dans le Kanto ?
| Séjour | Durée | Budget par personne |
|---|---|---|
| Économique (auberge ou capsule, cuisine de rue, transports) | 7 jours | 650 à 900 € |
| Confort (hôtel d'affaires, restaurants, une nuit en auberge) | 7 jours | 1 300 à 1 900 € |
| Haut de gamme (hôtel de standing, comptoirs réputés, ryokan) | 7 jours | 3 000 à 4 500 € |
- La saison : à la floraison et aux érables, une même chambre coûte souvent le double de juin, et se réserve des mois avant.
- Le déjeuner : les comptoirs de sushi et les maisons de nouilles servent à midi une version à quatre ou cinq fois moins cher que le soir.
- Les transports urbains : courts mais nombreux, ils montent vite. Comptez-les à part, une dizaine d'euros par jour et par personne.
- La nuit en ryokan : avec dîner et petit-déjeuner, elle vaut deux à trois nuits d'hôtel d'affaires.
- Les temples : l'entrée de la plupart est gratuite, celle des jardins et des trésors se paie. Le poste reste léger, contrairement au Kansai.
Traditions et art de vivre dans le Kanto
Tokyo a été rasée deux fois en vingt-deux ans, par le séisme de 1923 puis par les bombardements de 1945, et elle s'est reconstruite chaque fois en gardant son plan de ruelles. C'est ce qui explique la ville d'aujourd'hui : des tours posées sur un tissu d'avant-guerre, et des quartiers qui ont chacun leur métier et leur public plutôt qu'un centre commun.
Le silence dans les transports n'est pas de la froideur mais une convention partagée : on ne téléphone pas, on ne mange pas, on laisse descendre avant de monter. Les habitants sont aidants dès qu'on demande, et la question posée à quelqu'un dans une gare reçoit presque toujours une réponse, parfois jusqu'au quai.
Deux usages se prennent vite. Dans un bain public ou une source chaude, on se lave assis à la douche AVANT d'entrer dans l'eau, et le tatouage y est encore refusé dans beaucoup d'établissements. Et on ne laisse pas de pourboire : le geste met mal à l'aise plutôt qu'il ne remercie.