
D'abord, il y a ce bâtiment étrange, une structure colossale sur pilotis qui semble sortie d'un film de science-fiction, inspirée d'un ancien entrepôt surélevé. Puis, une fois à l'intérieur, on traverse une réplique grandeur nature du pont Nihonbashi pour littéralement entrer dans le passé et voir la mégapole actuelle se dissoudre pour laisser place à la fourmillante cité d'Edo.
Le Musée Edo-Tokyo n'est pas une simple collection d'objets anciens. C'est une machine narrative conçue pour faire revivre les 400 ans d'histoire, de culture et de vie quotidienne de la capitale japonaise. Il offre un contexte essentiel pour comprendre comment un petit village de pêcheurs nommé Edo est devenu la métropole tentaculaire que l'on connaît aujourd'hui sous le nom de Tokyo.
Sa force réside dans son approche immersive. Plutôt que de simplement montrer, il fait participer, donnant au visiteur la sensation de déambuler dans les rues d'autrefois, de toucher du doigt les objets du quotidien et de saisir les grands bouleversements qui ont façonné la ville, de l'ère des shoguns à la reconstruction d'après-guerre.
La première partie du musée est un véritable parc d'attractions historique. Le visiteur est accueilli par des reconstitutions à taille réelle qui saisissent immédiatement l'imagination.
Traverser la réplique en bois du pont Nihonbashi, point de départ de toutes les grandes routes du Japon féodal, est le véritable début du voyage. Quelques pas plus loin, la façade monumentale du théâtre kabuki Nakamura-za nous plonge dans l'univers vibrant et coloré des divertissements de l'époque.
Le musée excelle dans l'art du diorama. Des maquettes d'une finesse inouïe dépeignent des scènes de la vie quotidienne : l'intérieur d'une demeure de daimyō (seigneur féodal), l'effervescence d'un quartier commerçant, les habitations modestes des roturiers. On pourrait passer des heures à observer chaque détail de ces mondes miniatures.
La seconde moitié du parcours muséal raconte la transition effrénée d'Edo vers Tokyo à partir de l'ère Meiji (1868). Cette section explore l'occidentalisation, l'industrialisation rapide, mais aussi les cicatrices de l'histoire. Des objets aussi divers qu'une des premières automobiles importées, un tramway d'époque ou des affiches de propagande témoignent des séismes culturels et des destructions, comme le grand tremblement de terre de Kantō en 1923 et les bombardements de 1945.
Le conseil d'ami : le musée principal est actuellement fermé pour des rénovations de grande envergure et sa réouverture est prévue courant 2025. En attendant, pour une expérience similaire, visitez le musée en plein air d'architecture Edo-Tokyo (Edo-Tokyo Open Air Architectural Museum) dans la banlieue ouest de Tokyo, qui préserve de magnifiques bâtiments historiques déplacés de toute la ville.
*Informations sujettes à variation
Je ne l'ai pas visité depuis sa récente rénovation.