Visiter la Côte d'Azur
Nice occupe une baie fermée par une colline, avec sa vieille ville italienne au pied et ses immeubles ocre. Quinze kilomètres plus à l'ouest, Antibes garde ses remparts de Vauban et son marché sous halle. Plus loin encore, Saint-Tropez tient sur un port de pêche que la célébrité n'a jamais agrandi.
Ce que la côte a de singulier, c'est la montagne juste derrière. On passe de la plage à un village perché en vingt minutes, et l'arrière-pays commence là où les immeubles s'arrêtent, sans transition ni banlieue.
Vous allez aimer si
- Vous voulez la mer et des villages perchés dans la même journée
- Marcher en ville vous convient : Nice et Antibes se font à pied
- Vous venez en mai, juin ou septembre, quand l'eau est bonne et la route libre
Passez votre chemin si
- Votre budget est serré : c'est la côte la plus chère de France
- Vous cherchez des plages de sable : l'est de la région est en galets
- Vous comptez circuler en voiture un week-end d'août
Les incontournables
Les incontournables
-
1 La promenade des Anglais +11 recos
Sept kilomètres le long de la baie des Anges, financés en 1820 par la colonie britannique qui hivernait ici. Elle se fait à pied ou à vélo, et le meilleur moment est avant huit heures, quand elle appartient encore aux coureurs.
-
2 La colline du château +16 recos
Le point de vue qui explique Nice d'un coup d'œil : la vieille ville, le port, la baie entière. Un ascenseur gratuit monte depuis le front de mer, et la cascade artificielle du sommet rafraîchit l'été.
-
3 Le marché provençal d'Antibes +18 recos
Sous une halle de fer de 1894, tous les matins sauf le lundi hors saison. C'est un marché de producteurs, pas un marché de souvenirs, et les maraîchers du pays y vendent encore.
-
4 Le port de Saint-Tropez +20 recos
Les maisons colorées du quai et les yachts alignés devant, à quelques mètres des pointus de pêche. Le village entier se traverse en vingt minutes, et la Ponche, derrière le port, garde ses ruelles.
-
5 Grasse et ses parfumeries +42 recos
Capitale du parfum depuis le dix-huitième siècle, quand les gantiers ont commencé à parfumer le cuir. Trois maisons historiques se visitent, et les champs de jasmin se récoltent en août, à l'aube.
Le piège classique
Loger à Saint-Tropez en comptant rayonner sur la côte. La presqu'île n'a qu'une route d'accès, saturée l'été, et rejoindre Nice demande alors deux heures et demie pour cent kilomètres.
Nos itinéraires sur la Côte d'Azur
| Durée | Itinéraire | Ce que vous voyez |
|---|---|---|
| Week-end long (3 j.) | Nice › Menton | Vieille ville, corniches, jardins |
| 1 semaine | Nice › Antibes › Saint-Paul-de-Vence › Grasse | Côte, villages perchés, parfum |
| 10 jours | Nice › Antibes › Cannes › Fréjus › Saint-Tropez | Toute la côte, d'est en ouest |
Le train longe la côte de Menton à Saint-Raphaël, avec un arrêt dans presque chaque ville, et c'est de loin le plus rapide l'été. La voiture ne reprend l'avantage que pour l'arrière-pays et la presqu'île de Saint-Tropez, que le rail ne dessert pas.
Une seule base tient pour toute la côte est. Au-delà de Cannes, une seconde base fait gagner deux heures de route par jour.
Quand partir sur la Côte d'Azur ?
| Intérêt | Saison | Météo | Affluence et prix |
|---|---|---|---|
| Mai, juin et septembre | 20 à 27 °C, mer à 22 | Soutenue, prix moyens | |
| Avril et octobre | 16 à 22 °C, doux | Modérée, bons prix | |
| Juillet et août | 26 à 31 °C, mer à 25 | Maximum, prix très hauts | |
| Novembre à mars | 9 à 16 °C, doux mais pluvieux | Faible, beaucoup de fermetures |
Notre conseil
Visez la seconde quinzaine de septembre : la mer atteint alors sa température la plus haute de l'année, les plages se vident et les tarifs d'hébergement retombent d'un cran. C'est le meilleur rapport entre le climat et le prix de toute la région.
Comment aller sur la Côte d'Azur ?
-
1 En avion Le plus rapide
Nice-Côte d'Azur est le deuxième aéroport français, posé sur la mer à sept kilomètres du centre, relié par tramway en trente minutes. La plupart des capitales européennes ont un vol direct.
-
2 En train Le plus simple
la ligne à grande vitesse met Nice à six heures de Paris, et la ligne littorale relie ensuite chaque ville de la côte. Les gares sont en centre-ville, ce que l'aéroport n'est pas.
-
3 En voiture Le plus souple
l'autoroute suit la côte à distance, et les trois corniches la longent au-dessus. Indispensable pour l'arrière-pays, coûteuse en stationnement partout ailleurs.
Comment se déplacer sur la Côte d'Azur ?
Le train littoral est la colonne vertébrale de la région, avec un passage toutes les vingt minutes en journée. Les bus interurbains complètent vers l'arrière-pays à tarif unique, et ils montent jusqu'aux villages perchés que la voiture peine à garer.
Bon à savoir
Les trois corniches entre Nice et Menton n'ont pas le même usage : la basse longe les villages et se bouche l'été, la moyenne donne les points de vue, la grande passe au-dessus et va plus vite. Choisissez selon que vous voulez voir ou arriver.
Que manger sur la Côte d'Azur ?
- Socca : une galette de farine de pois chiche cuite au feu de bois, servie brûlante et poivrée, coupée à la spatule. Elle se mange debout, au marché, et ne supporte pas d'attendre.
- Pissaladière : une pâte à pain couverte d'oignons fondus, d'anchois et d'olives. Son nom vient du pissalat, une purée d'anchois qui la parfumait à l'origine.
- Salade niçoise : crue, sans pomme de terre ni haricot vert dans la version d'ici. Le désaccord avec le reste de la France est réel et assumé.
- Petits farcis : courgettes, tomates et oignons garnis de viande et de mie, cuits au four. Un plat de récupération devenu une spécialité de famille.
- Citron de Menton : moins acide que les autres, à la peau épaisse et parfumée. La fête qui lui est consacrée en février emploie des tonnes d'agrumes en décors.
- Tourte de blettes : sucrée, aux pommes, aux pignons et aux raisins secs, malgré les blettes. Une pâtisserie niçoise qui surprend au premier morceau.
- Bellet : le vignoble de Nice, à l'intérieur même des limites de la ville, l'un des plus petits de France. Une dizaine de domaines seulement, à visiter sur rendez-vous.
Le cours Saleya à Nice accueille le marché aux fleurs et aux primeurs tous les matins sauf le lundi, jour de la brocante. Les cuisines de la vieille ville ferment entre les services, et beaucoup n'ouvrent pas le dimanche soir.
Où dormir sur la Côte d'Azur ?
| Zone | Pour faire quoi | À savoir |
|---|---|---|
| Nice, vieille ville | Marché, ruelles, plage à pied | Animé la nuit, le plus central de la côte |
| Nice, quartier du port | Restaurants, départ des corniches | Plus calme, dix minutes du centre |
| Antibes | Remparts, marché, cap | Bon compromis prix et charme |
| Menton | Jardins, Italie à dix minutes | Le moins cher de la côte est |
| Saint-Tropez ou Sainte-Maxime | Presqu'île, plages de sable | Cher et saturé en été, à isoler du reste |
Nice comme base unique couvre toute la côte est, l'arrière-pays et même l'Italie, grâce au train. C'est le choix qui fait perdre le moins de temps.
La presqu'île de Saint-Tropez se traite à part, sur deux ou trois nuits, plutôt qu'en excursion : la route d'accès annule tout gain à vouloir la faire dans la journée.
Quel budget pour un séjour sur la Côte d'Azur ?
| Séjour | Durée | Budget par personne |
|---|---|---|
| Économique (auberge, marchés, plages publiques) | 7 jours | 450 à 650 € |
| Confort (hôtel, restaurants, musées) | 7 jours | 1 100 à 1 600 € |
| Haut de gamme (hôtel de bord de mer, tables réputées) | 7 jours | 3 000 à 5 000 € |
- La saison : une chambre coûte deux fois plus en juillet et août qu'en mai, et les plages privées doublent aussi leurs tarifs.
- Les plages publiques : elles alternent avec les privées sur toute la côte et sont gratuites, avec douches et surveillance en saison.
- Le train régional : à tarif modique sur toute la ligne littorale, il rend la voiture inutile et supprime le stationnement, qui est le poste caché de la région.
- Les musées municipaux de Nice : un billet unique donne accès à l'ensemble pendant plusieurs jours, ce qui divise la dépense par trois dès le deuxième musée.
- Le déjeuner : la formule de midi vaut la moitié de la carte du soir dans les mêmes maisons, y compris sur le port.
Traditions et art de vivre sur la Côte d'Azur
Le comté de Nice n'a rejoint la France qu'en 1860, après quatre siècles savoyards, et cela s'entend encore. Le nissart se parle dans les associations et se lit sur les plaques de rue de la vieille ville, en double affichage. La cuisine, elle, garde la trace ligure jusque dans les noms.
La Côte d'Azur doit son nom à un écrivain, Stéphen Liégeard, qui l'a publié en 1887. Les hivernants britanniques et russes qui ont bâti les palais du bord de mer venaient pour le climat, pas pour la baignade : la saison chaude n'a commencé à se vendre qu'un demi-siècle plus tard.
Deux usages à connaître. Sur les plages de galets, les sandales en plastique ne sont pas une coquetterie mais une nécessité, et tout le monde en porte. Et dans les villages perchés, on se gare au parking d'entrée : les ruelles ne sont pas fermées par hasard, elles font parfois deux mètres de large.