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L'Italie, 59 sites UNESCO et 3000 ans d'histoire combinés

Aucun autre pays au monde ne concentre autant de sites classés au patrimoine mondial. Sous chaque place, des ruines romaines. Derrière chaque église, une fresque de la Renaissance. L'Italie ne se visite pas comme un musée : on y marche sur l'histoire tout en commandant un espresso au comptoir.

Est-ce une destination faite pour vous ?

Ce pays récompense les curieux et les gourmands. Les amateurs d'art, d'architecture et de bonne table y passeront des semaines sans s'ennuyer. En revanche, les voyageurs pressés ou allergiques au chaos organisé risquent de perdre patience. Les trains partent parfois en retard, les administrations fonctionnent à leur rythme, et l'improvisation fait partie du quotidien.

Les tarifs varient considérablement selon les régions. Rome, Milan et Venise pratiquent des prix élevés : comptez 120 à 180 euros par jour pour un couple. Le Sud et les zones rurales restent nettement plus abordables, avec des agriturismos à 70-90 euros la nuit en demi-pension.

Les grandes villes et leurs trésors millénaires

Le Colisée reste saisissant malgré les foules. Le Forum romain et le Panthéon complètent ce voyage dans le temps. À Rome, prévoyez au moins trois jours pour absorber l'essentiel sans courir.

Florence concentre une densité artistique rare. Le David de Michel-Ange à la galerie de l'Académie et les Offices méritent une réservation anticipée. Le centre historique se parcourt à pied en une journée, mais l'atmosphère demande plus de temps.

À Venise, la place Saint-Marc et le Palais des Doges justifient la visite. Le vrai charme se cache pourtant dans les quartiers de Cannaregio ou Dorsoduro, loin des circuits balisés. Les ruelles sans touristes existent encore, il suffit de se perdre.

Conseil d'ami : réservez vos billets pour le Colisée, les Offices et les musées du Vatican au moins deux semaines à l'avance. Sur place, les files d'attente peuvent dépasser deux heures en haute saison.

Montagnes, lacs et campagnes toscanes

La Toscane et ses collines

La Toscane offre des panoramas de cartes postales que la réalité n'altère pas. Les cyprès alignés, les vignobles du Chianti et les villages perchés comme San Gimignano ou Montepulciano composent un décor intemporel. Le Val d'Orcia, classé à l'UNESCO, se parcourt idéalement en voiture sur des routes sinueuses.

Les Dolomites

Au nord, les Dolomites dressent leurs parois calcaires à plus de 3 000 mètres. La vallée de Val di Funes offre des panoramas alpins spectaculaires. Randonnées en été, ski en hiver : cette région attire les amoureux de montagne toute l'année. Le village de Cortina d'Ampezzo sert de base idéale.

Les lacs du Nord

Le lac de Côme et le lac Majeur proposent une ambiance plus paisible. Villas anciennes, jardins botaniques et villages comme Varenna ou Bellagio séduisent les visiteurs en quête de calme. La meilleure période s'étend de mai à septembre.

Naples et le Grand Sud méditerranéen

Naples divise les voyageurs. Chaotique, bruyante, intense : la ville se mérite. Son centre historique regorge d'églises baroques et de pizzerias centenaires. Les ruines de Pompéi se trouvent à 30 minutes en train.

La côte Amalfitaine déroule ses villages accrochés aux falaises entre Positano et Ravello. Les routes étroites et les foules estivales compliquent la visite en juillet-août. Ravello, perchée au-dessus de la côte, offre une alternative plus calme aux villes littorales.

En Sicile, Syracuse conserve son passé grec et romain. Taormina combine plage et vestiges antiques avec vue sur l'Etna. La ville baroque de Noto mérite le détour pour sa rue principale aux façades dorées.

La Sardaigne propose des plages aux eaux turquoise, notamment sur la Costa Smeralda et dans le golfe d'Orosei. L'île reste plus sauvage et moins accessible que la Sicile.

Ces régions que les circuits ignorent

Les Pouilles offrent un visage différent de l'Italie. Les trulli d'Alberobello forment un paysage unique de maisons en pierre aux toits coniques. Locorotondo et Polignano a Mare complètent un itinéraire dans le talon de la botte.

L'Ombrie reste dans l'ombre de sa voisine toscane. Assise, Pérouse et Orvieto méritent pourtant le détour. Les truffes noires de la région figurent parmi les meilleures du pays.

En Basilicate, Matera surprend avec ses habitations troglodytes creusées dans la roche. Cette ville classée à l'UNESCO était encore considérée comme une honte nationale dans les années 1950. Aujourd'hui, ses grottes accueillent des hôtels et restaurants de charme.

Conseil d'ami : entre Matera et les Pouilles, passez par Castelmezzano et Pietrapertosa en Basilicate. Ces deux villages accrochés aux Dolomites Lucanes sont reliés par une tyrolienne panoramique spectaculaire.

L'Italie dans l'assiette : vingt régions, vingt cuisines

La cuisine italienne n'existe pas au singulier. Chaque région défend ses spécialités avec fierté. À Rome, les carbonara, cacio e pepe et amatriciana règnent en maîtres. Naples revendique la pizza napolitaine cuite au feu de bois, à déguster chez Da Michele ou Sorbillo pour moins de 10 euros.

L'Émilie-Romagne concentre les trésors : parmigiano reggiano, prosciutto di Parma, vinaigre balsamique de Modène. Les tortellini in brodo de Bologne et les tagliatelle al ragù n'ont rien à voir avec leurs copies internationales. À Milan, le risotto alla milanese au safran et l'ossobuco dominent les cartes.

Le rituel de l'aperitivo se pratique partout vers 18h. Un spritz ou un negroni accompagné de petites bouchées salées marque la transition entre travail et soirée. À Milan, certains bars proposent des buffets généreux inclus dans le prix du verre.

Quand partir en Italie ?

Le printemps et l'automne offrent les meilleures conditions. Avril à juin puis septembre à octobre combinent météo agréable et affluence modérée. Les températures oscillent entre 15 et 25 degrés dans le centre du pays.

Juillet et août restent chauds et bondés. Rome et Florence dépassent régulièrement les 35 degrés. Les plages et les côtes attirent les foules, les prix grimpent. Mi-août, autour du Ferragosto, de nombreux commerces ferment et les Italiens partent en vacances.

L'hiver convient aux villes d'art moins fréquentées et aux stations de ski des Alpes. Le Carnaval de Venise en février attire les curieux. Attention : la côte amalfitaine et les Cinque Terre tournent au ralenti de novembre à mars.

Comment aller en Italie ?

Depuis Paris, les vols directs vers Rome, Milan ou Venise durent environ 1h30 à 2h. Les compagnies easyJet, Ryanair, Transavia et Vueling proposent des allers simples à partir de 30 à 50 euros en réservant à l'avance. Air France et ITA Airways assurent des liaisons régulières depuis Orly et Roissy.

Le train reste une alternative pour les trajets vers le nord. Le TGV relie Paris à Milan en 7 heures via Lyon et Turin. Pour Turin, comptez environ 5h30. Les prix varient entre 29 et 120 euros selon les dates.

Par la route, les autoroutes françaises rejoignent l'Italie via le tunnel du Mont-Blanc ou le tunnel du Fréjus. Comptez 8 à 9 heures de Paris à Milan et environ 12 heures jusqu'à Rome. Les péages alourdissent la note.

Comment se déplacer en Italie ?

Le réseau ferroviaire italien relie efficacement les grandes villes. Les trains à grande vitesse Frecciarossa de Trenitalia et les trains Italo circulent sur l'axe Milan-Bologne-Florence-Rome-Naples. Le trajet Rome-Naples dure 1 heure, Florence-Rome environ 1h30, Milan-Rome 3 heures.

Les tarifs varient selon la date de réservation. Les billets Super Economy démarrent à 9,90 euros en réservant tôt. L'offre Italia in Tour de Trenitalia permet de voyager en trains régionaux pendant 3 jours pour 35 euros. Comparez toujours Trenitalia et Italo pour le même trajet.

Pour les régions rurales, la Toscane, les Pouilles ou la Sicile, louer une voiture reste la meilleure option. Attention aux ZTL, zones à trafic limité des centres historiques : y entrer sans autorisation coûte cher en amendes. Les ferries desservent la Sardaigne depuis Civitavecchia, Gênes ou Livourne en 5 à 10 heures selon les traversées.