Rossano, la cité byzantine qui sent la réglisse
Sur son promontoire calabrais, Rossano mêle les effluves d'une usine de réglisse centenaire aux pierres dorées d'une cathédrale byzantine. Peu de villes italiennes cumulent un tel patrimoine religieux et une industrie familiale connue dans le monde entier. Ici, l'histoire ne se lit pas seulement dans les guides, elle se respire au coin des ruelles.
Une destination faite pour vous ?
Vous aimez les villes qui n'ont pas encore été aseptisées pour le tourisme de masse ? Vous cherchez un mélange rare entre culture byzantine, artisanat local et plages ioniennes accessibles en dix minutes de voiture ? Rossano cochera toutes les cases.
En revanche, si vous attendez une vie nocturne trépidante ou une offre hôtelière pléthorique, mieux vaut chercher ailleurs. La ville vit à son rythme, celui d'une bourgade calabraise où tout ferme entre 13h et 16h.
Destination adaptée pour :
- Les amateurs d'histoire byzantine et de patrimoine religieux
- Les voyageurs curieux d'artisanat local (réglisse, pâtisseries typiques)
- Les road trips combinant montagne et littoral ionien
Destination inadaptée pour :
- Les recherches de vie nocturne animée
- Les séjours sans véhicule, les transports locaux étant limités
Un budget accessible comparé au reste de l'Italie
| Poste | Fourchette |
|---|---|
| Nuit en B&B ou hôtel simple | 35 à 55 € |
| Nuit en hôtel confortable sur la côte | 70 à 110 € |
| Repas sur le pouce (arancini, panino) | 4 à 8 € |
| Repas au restaurant avec poisson frais | 20 à 35 € |
Tarifs indicatifs sujets à variation
Réalités pratiques à connaître avant de partir
L'anglais reste rare hors des lieux touristiques majeurs, préparez quelques phrases d'italien pour les commerces et les auberges familiales. La ville se compose de deux visages bien distincts : le centro storico perché sur la colline et Rossano Scalo, la partie moderne en bord de mer, à environ 6 kilomètres.
L'été calabrais frappe fort, avec des pics fréquents au-dessus de 35 degrés en juillet et août. Le centre historique, tout en escaliers et ruelles pavées, demande de bonnes chaussures et un peu de souffle.
Le centre historique, mémoire byzantine de la Calabre
Rossano fut l'un des grands centres byzantins du sud de l'Italie, et son centro storico le raconte encore. La cathédrale de Maria Santissima Achiropita domine la place principale, abritant une icône que la tradition locale dit peinte sans main humaine, d'où son nom.
Non loin, la minuscule église de la Panaghia, coiffée de coupoles rondes typiquement byzantines, compte parmi les plus anciennes édifices religieux de Calabre encore debout. Elle se visite en quelques minutes, mais son silence de pierre vaut le détour.
Le Museo Diocesano conserve le trésor de la ville : le Codex Purpureus Rossanensis, un évangéliaire du VIe siècle enluminé sur parchemin pourpre, inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco. Peu de visiteurs italiens connaissent ce manuscrit, ce qui en fait une découverte d'autant plus marquante.
Conseil d'ami : venez tôt le matin visiter le centro storico, avant l'ouverture des commerces. La lumière rasante sur les façades ocre et le calme des ruelles offrent l'expérience la plus authentique de la ville.
L'empire de la réglisse Amarelli
La famille Amarelli produit de la réglisse à Rossano depuis le XVIIIe siècle, une histoire industrielle rare en Calabre. Le Museo della Liquirizia Giorgio Amarelli, installé dans l'usine familiale toujours en activité, raconte cette saga à travers machines anciennes, archives et dégustations.
La boutique attenante vend les fameux losanges noirs et leurs variantes modernes (menthe, orange, fenouil). Un souvenir plus original qu'une carte postale, et bien plus local.
Rossano Scalo et le littoral ionien
La partie basse de la ville, en bord de mer, offre des plages de sable fin comme celle du Lido Sant'Angelo, appréciée des familles pour ses eaux peu profondes. L'ambiance y est nettement plus balnéaire, avec établissements de plage et restaurants de poisson ouverts surtout de juin à septembre.
Où manger et boire à Rossano ?
Goûtez la pitta 'mpigliata, une pâtisserie enroulée aux noix, raisins secs et miel, typique de Rossano et traditionnellement servie à Noël. Les restaurants du centro storico proposent aussi des pâtes fraîches aux légumes de saison, tandis que Rossano Scalo mise sur le poisson pêché le matin même.
Ne quittez pas la ville sans avoir goûté un dessert ou une boisson à la réglisse Amarelli, ingrédient étonnamment versatile dans la pâtisserie locale.
Où dormir à Rossano et aux alentours ?
Le centro storico compte quelques B&B installés dans des bâtiments anciens, idéaux pour l'ambiance mais avec un accès en voiture parfois compliqué par les ruelles étroites. À Rossano Scalo et au Lido Sant'Angelo, l'offre hôtelière est plus classique et plus proche des plages, pratique pour un séjour balnéaire.
Comment aller à Rossano ?
L'aéroport le plus proche est celui de Crotone, à environ une heure de route, avec quelques vols directs depuis l'Italie du Nord et certaines villes européennes selon la saison. L'aéroport de Lamezia Terme, plus fréquenté et mieux desservi depuis l'Europe, se trouve à environ 1h45 de route.
La ligne ferroviaire ionienne relie Rossano Scalo aux principales villes calabraises, mais les correspondances depuis l'étranger restent longues. La voiture de location reste la solution la plus flexible pour explorer la région.
Comment se déplacer à Rossano ?
Le centre historique se visite exclusivement à pied, ses ruelles étant impraticables en voiture. Pour rejoindre la côte ou les villages alentour, une voiture reste indispensable, les bus locaux étant peu fréquents et surtout utiles pour les trajets scolaires ou de travail.
Quand y aller ?
Le printemps (avril-mai) et le début de l'automne (septembre-octobre) offrent les meilleures conditions : chaleur agréable, mer encore baignable en septembre, et affluence modérée. Évitez le mois d'août, quand la chaleur devient étouffante et les plages du littoral se remplissent de touristes italiens en vacances.