Visiter la Corse
Le sud a le granit rose et les criques de Porto-Vecchio. Le calcaire blanc commence à Bonifacio, cinquante kilomètres plus loin. Tournez vers l'intérieur, vers Corte, et la route monte dans le maquis jusqu'à ce que la mer disparaisse. Trois paysages, deux heures de voiture entre eux.
Une plage de sable clair le matin, un col à 1 500 mètres une heure plus tard. C'est ce que la Corse a et que le reste de la Méditerranée n'a pas. Son intérieur reste le moins parcouru de l'île, y compris par ceux qui y reviennent chaque été.
Vous allez aimer si
- Vous voulez la mer et la montagne sans avoir à choisir
- Vous partez en juin ou en septembre, ou vous réservez six mois avant
- Un village à flanc de montagne vous attire autant qu'une crique
Passez votre chemin si
- Vous visez août sans hébergement réservé
- Les routes étroites en lacets vous crispent
- Vous cherchez des soirées animées ailleurs que dans les trois grandes villes
Les incontournables
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1 Le GR20
Cent quatre-vingts kilomètres du nord au sud, seize étapes, dix mille mètres de dénivelé positif : le sentier le plus dur d'Europe, et on n'en fait pas un bout en tongs. La saison va de mi-juin à mi-septembre, avant et après la neige reste dans les cirques. Les refuges se réservent en ligne dès le printemps, 18 à 20 € la nuitée en dortoir, 8 € l'emplacement de tente. Pour goûter sans les seize jours, l'étape Vizzavona-Capannelle ou la variante des Aiguilles de Bavella se font en une journée depuis la route.
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2 Les vendanges
L'île compte neuf appellations et deux cépages qu'on ne trouve pratiquement qu'ici, le nielluccio et le sciaccarellu. Les vendanges tombent fin août sur la côte orientale et courent jusqu'à début octobre à Patrimonio et dans le Cap. Beaucoup de domaines ouvrent leur cave sans rendez-vous à ce moment-là, la dégustation est gratuite et la bouteille va de 12 à 25 €. C'est aussi la période où l'île se vide des vacanciers et garde ses 25 °C.
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3 Le train, de Bastia à Ajaccio
Le Trinighellu traverse l'île par la montagne en quatre heures, franchit le viaduc du Vecchio bâti par l'entreprise Eiffel et s'arrête à Corte et à Vizzavona, en plein massif. Le billet complet coûte moins de 25 €, sans réservation, et la ligne de Balagne, entre Calvi et L'Île-Rousse, dessert les plages toutes les heures en été pour quelques euros. C'est le seul moyen de voir l'intérieur sans conduire les routes qui font peur.
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4 Les calanques de Piana +9 recos
Des colonnes de granit rouge de 300 mètres au-dessus d'une mer bleu marine, traversées par une route en corniche qui date du 19e siècle. On les parcourt à pied depuis le village, ou en bateau depuis Porto, 30 à 45 € la sortie vers la réserve de Scandola et Girolata. La lumière les rend à six heures du soir ; à midi, elles sont plates, et le parking est plein.
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5 Bonifacio +57 recos
Une ville posée sur une falaise de calcaire blanc, soixante mètres au-dessus d'un goulet, et l'escalier du Roi d'Aragon taillé dans la paroi : 189 marches à descendre, autant à remonter. Les bateaux pour les îles Lavezzi partent du port, 35 à 45 € l'aller-retour, d'avril à octobre. La haute ville se visite tôt le matin : à partir de onze heures, les cars de croisière la remplissent jusqu'au soir.
Le piège classique
Bâtir votre liste sur le seul littoral. Corte et les gorges de la Restonica, le Niolu, la Castagniccia sont à une heure des plages et n'ont rien à voir : c'est là que l'île se raconte. Le corollaire vaut pour les distances : cent kilomètres de route côtière demandent deux heures trente, jamais une.
Nos itinéraires en Corse
| Durée | Itinéraire | Ce que vous voyez |
|---|---|---|
| Week-end long (4 j.) | Ajaccio › Porto-Vecchio › Bonifacio | Sud intense, plages et falaises |
| 1 semaine | Ajaccio › Bonifacio › Porto-Vecchio › Corte › L'Ile-Rousse › Calvi | Tour complet, rythme soutenu |
| 10 jours | Bastia › L'Ile-Rousse › Calvi › Piana › Ajaccio › Corte › Porto-Vecchio › Bonifacio | Boucle complète, nord et sud |
Deux portes d'entrée, Ajaccio au sud-ouest et Bastia au nord-est. Depuis l'une ou l'autre, on boucle ou on fait l'aller-retour. Aucun sens n'est meilleur que l'autre. La seule règle : ne traversez pas l'île trois fois. Les routes de montagne vers Corte valent le détour, elles mangent aussi la journée. Comptez le double du temps annoncé par le GPS.
Quand partir en Corse ?
| Intérêt | Saison | Températures | Mer | Affluence et prix |
|---|---|---|---|---|
| Hivernov. à mars | 6 à 19 °C | 14 à 18 °C | Bas | |
| Printempsavr. à juin | 10 à 28 °C | 15 à 22 °C | Moyens | |
| Étéjuil. et août | 20 à 32 °C | 23 à 26 °C | Élevés | |
| Automnesept. et oct. | 14 à 28 °C | 21 à 24 °C | Moyens |
Notre conseil
Visez juin ou septembre : la mer est baignable, vous posez votre serviette où vous voulez, et les prix ont redescendu. Évitez la semaine du 15 août si vous n'avez pas tout réservé des mois à l'avance : la route entre Porto-Vecchio et Bonifacio se bouche, et les parkings de Palombaggia et de Santa Giulia sont pleins à 9 h 30.
Comment aller en Corse ?
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En avion Le plus rapide
Quatre aéroports : Ajaccio, Bastia, Calvi et Figari, ce dernier étant le plus proche de Porto-Vecchio et de Bonifacio. Vols directs depuis Paris, Lyon, Marseille, Nice et plusieurs villes européennes, opérés notamment par Air Corsica, Air France, EasyJet, Transavia et Volotea.
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En ferry, avec votre voiture Le plus libre
Traversées régulières depuis Marseille, Toulon et Nice vers Bastia, Ajaccio, L'Ile-Rousse, Porto-Vecchio et Propriano. Gênes, Livourne, Piombino et Savone desservent aussi l'île, utile si vous enchaînez avec la Toscane.
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En ferry, à pied Le moins cher
Embarquer sans véhicule coûte nettement moins cher. Vous louez alors sur place, et vous vous y prenez très tôt en haute saison : les agences sont à sec plusieurs semaines avant juillet.
Une semaine ou plus, avec l'intention de bouger : prenez le ferry avec votre voiture. L'île n'a pas d'autoroute, les lacets avalent les kilomètres, et le surcoût de la traversée passe vite sous les tarifs d'un loueur en été. Court séjour autour d'une seule ville : l'avion, sans hésiter.
En juillet et en août, ferries et vols affichent complet des semaines à l'avance. Bloquez dès que vos dates sont fixées, surtout avec un véhicule à embarquer.
Comment se déplacer en Corse ?
La voiture n'est pas un confort ici, c'est la condition. Les trains et les bus relient les grandes villes entre elles, et s'arrêtent là. Les villages perchés, les criques, les départs de sentier n'ont aucune desserte.
Prévoyez large sur les durées : soixante kilomètres de lacets prennent deux heures, pas une. En juillet et en août, vous tournerez pour vous garer à Bonifacio, à Porto-Vecchio et à Calvi, et le prix des loueurs de voiture double, davantage encore au dernier moment.
Bon à savoir
Les agences de location sont à sec plusieurs semaines avant juillet et août. Réservez la voiture en même temps que le ferry ou le vol, jamais après.
Que manger en Corse ?
- Lonzu, coppa, figatellu : les trois pièces de l'élevage porcin de montagne. Le figatellu se mange grillé, et seulement l'hiver. Faites-vous couper une planche dans une épicerie de Corte ou d'un village de l'intérieur.
- Brocciu : fromage frais de petit-lait de brebis ou de chèvre, sous AOP. Nature au petit-déjeuner, ou fondu dans une omelette à la menthe, dans les bergeries de Haute-Corse.
- Veau de lait corse : élevé sous la mère, en liberté dans le maquis. On le trouve rôti sur les tables de Corte et du centre, surtout en hiver et au printemps.
- Vins de Patrimonio : la première AOC de l'île, au pied du cap Corse. Nielluccio en rouge, muscat en blanc. Les domaines autour de Saint-Florent vous font déguster à la propriété.
- Farine de châtaigne : celle de la Castagniccia est AOP. Elle donne les fritelli et la pulenda. La bière Pietra, brassée à Furiani, en est la version la plus facile à emporter.
- Tomme corse : du demi-sec au très affiné, le goût change avec l'altitude du troupeau et la saison. Les marchés d'Ajaccio et de Porto-Vecchio en proposent toute l'année.
- Miel de maquis : sept AOP selon la floraison, du printemps floral à l'automne de myrte et d'arbousier. À acheter chez les producteurs de l'intérieur.
Avant 19 h 30, presque rien n'ouvre le soir, et les cuisines ferment tôt dès qu'on quitte les stations balnéaires. En juillet et en août à Porto-Vecchio ou à Bonifacio, réservez la veille : les bonnes tables sont complètes à midi pour le soir même.
Où dormir en Corse ?
| Zone | Pour faire quoi | À savoir |
|---|---|---|
| Porto-Vecchio | Plages du sud, soirées animées | Bonifacio est à 30 minutes |
| Ajaccio | Ville, musées, ferries et avions | La plus grande ville de l'île, la mieux desservie |
| Calvi / L'Ile-Rousse | Balagne, plages du nord-ouest | Deux ambiances voisines, à choisir selon le rythme |
| Corte | Intérieur, randonnée, GR20 | Peu de commerces, mais au pied du massif |
| Bastia | Nord, cap Corse, liaisons avec l'Italie | Porte d'entrée commode, et bien moins courue |
Quel budget pour un séjour en Corse ?
| Séjour | Durée | Budget par personne |
|---|---|---|
| Économique (camping ou gîte, cuisine sur place, plages gratuites) | 7 jours | 350 à 550 € |
| Confort (hôtel 3 étoiles ou location, restaurants, quelques excursions) | 7 jours | 900 à 1 400 € |
| Haut de gamme (hôtel 4-5 étoiles, gastronomie, activités nautiques) | 7 jours | 2 000 à 2 800 € |
- La période : en juillet et en août, l'hébergement coûte 30 à 50 % de plus. Décaler d'un mois suffit à changer la note.
- La zone : Porto-Vecchio et Bonifacio affichent les tarifs les plus hauts de l'île. Corte ou la Balagne reviennent nettement moins cher, à confort égal.
- L'anticipation : sur les hébergements et les ferries, réserver quatre à six mois avant peut diviser la facture par deux en haute saison.
- La voiture : incompressible, c'est un poste à part entière. À deux, le coût par personne redevient supportable.
- Les repas : les tables de plage sont les plus chères de l'île. Les marchés et les épiceries font baisser le budget alimentation sans rien enlever au séjour.
- Les espèces : beaucoup d'adresses de l'intérieur n'acceptent pas la carte. Gardez 50 à 100 € en liquide.
Traditions et art de vivre en Corse
On parle français partout, mais le corse n'est pas une langue de musée. Il est sur les panneaux, souvent seul depuis que les versions françaises ont été effacées à la bombe. Vous l'entendez dans les villages de l'intérieur, entre gens du pays.
Le 2 juin, la Saint-Érasme met les pêcheurs à l'honneur à Ajaccio et dans plusieurs ports. L'artisanat tient au couteau Vendetta, au miel et à la charcuterie, chaque vallée défendant sa recette contre celle d'à côté.
Photographier une maison, un troupeau ou un four à pain sans rien demander passe mal. Un regard vers le propriétaire et un signe de tête suffisent, et changent tout l'accueil.