Porto-Vecchio, là où la Corse joue la carte balnéaire
Le sable de Palombaggia est si fin qu'il grince sous les pieds. L'eau vire du turquoise au bleu marine en quelques mètres. Derrière vous, les pins parasols dessinent des ombres dentelées sur la plage. Ce décor de carte postale existe bel et bien, et il se trouve à vingt minutes de route du centre-ville. Mais Porto-Vecchio ne se résume pas à ses plages célèbres. La vieille ville fortifiée, perchée sur son promontoire, raconte une autre histoire.
Le Saint-Tropez corse, avec ses avantages et ses travers
Cette station balnéaire du sud de la Corse attire les amateurs de plages exceptionnelles et de vie nocturne estivale. Les familles apprécient les eaux peu profondes de Santa Giulia, les couples la beauté sauvage des criques alentour. Le port de plaisance et les terrasses de la marine créent une ambiance vacances assumée.
Porto-Vecchio peut vite agacer. En juillet-août, les plages sont saturées, les prix s'envolent, et le trafic routier devient pénible. Les voyageurs en quête de Corse sauvage et préservée seront déçus. Ici, on assume le côté station balnéaire haut de gamme, avec tout ce que cela implique. Une voiture reste indispensable pour explorer les environs.
Attention, budget salé en haute saison
Comptez 150 à 300 euros par jour pour un couple en été, hébergement compris. Un repas au restaurant oscille entre 25 et 50 euros par personne. La location de transats sur les plages privées coûte 20 à 40 euros la journée, et le stationnement près des plages est souvent payant.
La citadelle et la vieille ville : le cœur historique
La citadelle génoise domine le golfe depuis le XVIe siècle. Ses remparts ocre et ses ruelles étroites offrent une respiration bienvenue loin des plages. La place de la République concentre cafés et glaciers. Le soir, les terrasses s'animent et l'ambiance devient plus douce qu'en bord de mer.
L'église Saint-Jean-Baptiste et la porte génoise méritent un coup d'œil. La balade prend une petite heure, pas davantage. Porto-Vecchio n'est pas une ville-musée : son intérêt réside ailleurs, dans ses plages et son arrière-pays.
Conseil d'ami : montez sur les remparts au coucher du soleil. La vue sur le golfe et les montagnes de Bavella en arrière-plan vaut le détour, et la lumière dorée transforme les façades.
Les plages : cartes postales et réalité
Palombaggia figure sur toutes les listes des plus belles plages d'Europe. Elle le mérite : sable blanc, eau cristalline, pins parasols. Mais en été, la densité de serviettes au mètre carré gâche un peu la magie. Les parkings saturent dès 10h, et les paillotes pratiquent des tarifs prohibitifs.
Santa Giulia, légèrement au sud, présente un lagon aux eaux calmes, idéal pour les enfants. L'ambiance y est plus familiale, les infrastructures nombreuses. Pour plus de tranquillité, poussez jusqu'à la plage de Rondinara, en forme de coquillage, à mi-chemin vers Bonifacio.
Les criques moins fréquentées
La plage de Tamaricciu, accessible par une piste, attire moins de monde que ses voisines célèbres. Le cadre reste superbe, avec des rochers rouges qui plongent dans l'eau claire. Plus au nord, les plages de Cala Rossa séduisent les amateurs de snorkeling grâce à leurs fonds rocheux.
L'arrière-pays : montagnes et villages
À trente minutes de route, les aiguilles de Bavella offrent un contraste saisissant avec le littoral. Ce massif granitique aux pics déchiquetés propose des randonnées spectaculaires. Le trou de la Bombe, arche naturelle accessible en une heure de marche, récompense l'effort.
Le village de Zonza, accroché à la montagne, constitue une bonne base pour explorer la région. L'air y est frais même en été.
Conseil d'ami : le col de Bavella est pris d'assaut en journée. Partez tôt le matin ou venez en fin d'après-midi pour profiter du site sans la foule des cars de touristes.
Activités nautiques : au-delà du farniente
Le golfe de Porto-Vecchio se prête bien au paddle et au kayak de mer. Les fonds marins, riches en poissons, attirent les amateurs de plongée. Le centre de Cala Rossa organise des sorties vers des sites préservés.
Pour une journée en mer, des excursions partent du port vers les îles Lavezzi, réserve naturelle aux eaux translucides. Comptez 50 à 80 euros par personne.
Où manger et boire à Porto-Vecchio ?
La cuisine corse s'exprime ici avec générosité. Le figatellu, saucisse de foie de porc, se grille au feu de bois. Le brocciu, fromage frais de brebis, accompagne aussi bien les plats salés que les desserts. Les canistrelli, biscuits secs parfumés à l'anis ou au citron, se grignotent à toute heure.
Dans la vieille ville, A Cantina di l'Orriu sert une cuisine locale soignée. Sur le port, les restaurants affichent des tarifs élevés pour une qualité variable. Mieux vaut remonter vers la citadelle pour manger correctement sans se ruiner. Le marché du dimanche matin, place de la République, permet de goûter les produits locaux.
Où dormir à Porto-Vecchio et aux alentours ?
Le centre-ville offre proximité des commerces et vie nocturne. Les locations autour de Palombaggia et Santa Giulia placent directement sur les plages, mais les prix grimpent vite. Pour un meilleur rapport qualité-prix, visez les hauteurs vers l'Ospédale ou les environs de Zonza.
Les campings restent une option économique appréciée des familles. Plusieurs établissements de qualité se trouvent entre la ville et les plages. Réservez impérativement plusieurs mois à l'avance pour juillet-août.
Comment se rendre et se déplacer à Porto-Vecchio ?
L'aéroport de Figari, à 25 km, dessert les principales villes françaises en saison. Un taxi coûte environ 40 euros. Les ferries depuis Marseille ou Nice arrivent à Bastia ou Ajaccio, puis comptez 2h à 3h de route. Une voiture de location reste indispensable.
Sur place, les transports en commun sont quasi inexistants. Quelques navettes relient les plages en été, mais leurs horaires restent contraignants.
Quand y aller ?
Juin et septembre offrent le meilleur compromis : mer chaude, plages praticables, tarifs raisonnables. Mai et octobre restent agréables pour randonner, mais la baignade devient fraîche. Évitez le cœur de l'été si vous fuyez la foule : les plages ressemblent alors à des fourmilières et les prix doublent.