Tanzanie : safaris, sommets et épices, le grand voyage africain
Le Serengeti abrite la plus grande migration de mammifères terrestres sur Terre : chaque année, près de deux millions de gnous et de zèbres parcourent des centaines de kilomètres, traversant des rivières infestées de crocodiles. Ce spectacle se déroule en plein air, sous vos yeux, sans filet. Peu de pays au monde peuvent se targuer d'une telle démesure naturelle.

Tanzanie : une destination pour les voyageurs qui aiment se confronter au monde
Ce n'est pas une destination facile ni bon marché. Mais pour ceux qui correspondent au profil, c'est un voyage qui laisse des traces durables.
thumb_up Destination adaptée pour :
- Les amateurs de safari et d'observation de la faune sauvage
- Les randonneurs qui visent le Kilimandjaro, toit de l'Afrique
- Les voyageurs en quête de dépaysement total et de nature préservée
- Les plongeurs et amateurs de plages, notamment à Zanzibar
- Les voyageurs curieux de culture swahilie, d'histoire et de métissage
- Les couples en voyage de noces (safari + plage = combo classique)
- Ceux qui ont le budget et le temps : compter au minimum 10 à 14 jours
warning Destination inadaptée pour :
- Les budgets serrés : les parcs nationaux ont des droits d'entrée élevés, les safaris coûtent cher
- Les voyageurs qui recherchent confort garanti et organisation millimétrée
- Ceux qui fuient la chaleur humide et les insectes
- Les amateurs de vie nocturne et d'animation urbaine
Un budget élevé pour l'Afrique subsaharienne
La Tanzanie est l'une des destinations safari les plus chères du continent. Les droits d'entrée dans les parcs, les véhicules 4x4 et les guides agréés représentent un coût incompressible. Un safari organisé revient rarement à moins de 200 à 300 € par personne et par jour.
Visa, santé et réalités du terrain
Les ressortissants français ont besoin d'un visa pour entrer en Tanzanie. Il s'obtient désormais en ligne via le portail officiel de l'immigration tanzanienne, avant le départ. Comptez environ 50 USD. La vaccination contre la fièvre jaune est obligatoire si vous venez d'un pays endémique. La prophylaxie antipaludéenne est fortement conseillée.
Le pays est à GMT+3, sans décalage avec la France en été. La langue officielle est le swahili, mais l'anglais est largement compris dans le secteur touristique et dans les villes. Dans les zones rurales, quelques mots de swahili ("asante" pour merci, "jambo" pour bonjour) seront appréciés.
Est-ce dangereux de voyager en Tanzanie ?
La Tanzanie est une destination globalement stable et bien moins risquée que ses voisins. Les zones touristiques (parcs, Zanzibar, Arusha) sont sûres dans l'ensemble. Restez vigilants dans les grandes villes comme Dar es Salaam : pickpockets et vols à l'arrachée existent. Évitez les sorties nocturnes isolées.
Dans les parcs nationaux, la sécurité repose sur le strict respect des consignes des rangers : la faune est sauvage, imprévisible, et les règles existent pour une bonne raison. Concernant les frontières, la région proche de la province mozambicaine de Cabo Delgado reste déconseillée en raison de groupes armés actifs.
Vols intérieurs : que faut-il savoir ?
Depuis juin 2025, toutes les compagnies aériennes certifiées en Tanzanie figurent sur la liste de sécurité aérienne de l'UE. Cette décision n'est pas liée à des incidents spécifiques, mais à des lacunes jugées sérieuses dans la surveillance de la sécurité par les autorités de l'aviation civile tanzanienne.
La liste est publique et consultable sur le site de la Commission Européenne. Des alternatives sont à l'étude, comme l'autorisation pour des compagnies étrangères telles que Qatar Airways ou Ethiopian Airlines d'opérer des vols intérieurs. Si vous voyagez via une agence, discutez-en ouvertement avec votre conseiller.
Le grand spectacle du monde sauvage

Le mot "safari" prend tout son sens ici. C'est le cœur battant d'un voyage en Tanzanie, une immersion dans un écosystème où l'homme n'est qu'un invité discret. Chaque parc offre une facette différente de ce théâtre naturel.
Le duo mythique : Serengeti et Ngorongoro
Le parc national du Serengeti est la scène de la Grande Migration : des millions de gnous et de zèbres se déplacent en boucle au rythme des pluies, dans un ballet animal d'une ampleur difficile à concevoir avant de l'avoir vu. La période de juillet à septembre correspond aux dramatiques traversées de la rivière Mara dans le nord du parc.
Le cratère du Ngorongoro fonctionne comme une caldeira fermée : l'une des plus grandes concentrations de faune au monde, dont le rare rhinocéros noir, dans un cirque naturel de 260 km². C'est spectaculaire, mais très fréquenté en haute saison.
Conseil d'ami : pour une expérience moins saturée au Ngorongoro, optez pour une entrée à l'ouverture à 6h du matin et évitez les week-ends de juillet-août. Les secteurs ouest et sud du Serengeti, moins médiatisés que le nord, offrent des sorties souvent plus intimes.
Tarangire, le royaume des géants

Moins connu que ses voisins, le parc national de Tarangire est une révélation pour ceux qui s'y aventurent. C'est le pays des baobabs centenaires et des familles d'éléphants comptant parfois plusieurs dizaines d'individus. La rivière Tarangire, seul point d'eau permanent en saison sèche, devient un axe de rassemblement animal remarquable de juillet à octobre.
Conseil d'ami : c'est l'un des rares parcs où les safaris à pied accompagnés d'un ranger sont autorisés dans certaines zones. Marcher dans la brousse, percevoir les odeurs, entendre les sons sans moteur : c'est une intensité que le 4x4 ne peut pas procurer.
L'ascension du Kilimandjaro : un défi à ne pas sous-estimer

Gravir le Kilimandjaro attire des milliers de voyageurs chaque année. La montagne culmine à 5 895 mètres, sans nécessiter de compétences en alpinisme technique. Mais ce n'est pas une randonnée ordinaire : l'altitude fait ses victimes, et le taux d'échec sur la route la plus courte (Marangu, 5 jours) est élevé.
La route Lemosho (7 à 8 jours) est celle que nous recommandons chez Avygeo : plus longue, plus chère, mais avec un meilleur profil d'acclimatation et des chances de succès nettement supérieures. Choisir un opérateur sérieux, qui respecte le rythme d'ascension et les conditions des porteurs, n'est pas négociable.
La traversée de plusieurs zones climatiques, de la forêt tropicale au désert alpin, en passant par la lande et le désert de lave, est en elle-même un voyage à part entière. Le lever de soleil depuis le cratère, au-dessus d'une mer de nuages, est l'une de ces images qui ne partent pas.
Zanzibar et la côte swahilie : l'autre visage du pays
Après les pistes poussiéreuses des parcs, l'archipel de Zanzibar produit un choc de contraste absolu. Eau turquoise, fonds coralliens, ruelles parfumées aux épices : c'est une autre planète, à 1h30 d'avion ou 2h de ferry depuis Dar es Salaam.
Stone Town, l'âme de l'île

Se perdre dans le dédale des ruelles de Stone Town, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, c'est traverser des siècles d'histoire commerciale et culturelle. Portes sculptées en bois aux clous de bronze, marchés d'épices, ancienne maison natale de Freddie Mercury, mosquées et palais en ruine : tout coexiste dans un espace d'une densité étonnante.
Conseil d'ami : le soir, les Forodhani Gardens se transforment en marché nocturne incontournable où les stands proposent la "pizza zanzibarite" (une crêpe épaisse farcie à la viande et à l'œuf) et des brochettes de fruits de mer grillés à la minute. Comptez quelques euros pour manger comme un local.
Les plages : chaque côte a sa personnalité

La côte nord autour de Nungwi offre les eaux les plus calmes et les plus adaptées à la baignade toute la journée, car les marées y sont moins prononcées. La côte est, autour de Jambiani et Paje, est plus spectaculaire visuellement : les marées très marquées découvrent de larges platiers à marée basse, parfaits pour observer le travail des femmes dans les cultures d'algues et pratiquer le kitesurf à Paje.
Rencontres et immersion : au-delà des safaris

La rencontre avec le peuple Maasaï est souvent proposée dans les circuits du Nord. Le piège : les "villages-vitrines" montés pour les touristes, sans lien réel avec la vie quotidienne. Privilégiez les visites organisées par des coopératives locales certifiées, qui reversent directement les bénéfices à la communauté.
Autour d'Arusha, les plantations de café des pentes du mont Méru proposent des visites participatives : récolte, dépulpage, torréfaction. C'est modeste, mais c'est une fenêtre réelle sur l'économie agricole du pays. Plus au nord, la région du lac Natron, aux reflets rouges au pied du volcan actif Ol Doinyo Lengaï, est un territoire Maasaï peu touristique et d'une beauté austère.
La Tanzanie dans l'assiette : généreuse et épicée

La cuisine tanzanienne est roborative et sans chichis. Le plat de base est l'ugali, une polenta de maïs dense qui sert de support à tout : viandes en sauce, légumes verts à l'eau, haricots. Sur le bord des routes, le nyama choma (viande grillée au charbon) et les mishkaki (brochettes marinées aux épices) sont omniprésents.
L'héritage indien est particulièrement visible dans la cuisine côtière : biryanis parfumés au cardamome, pilaus au riz épicé, chapatis croustillants et sambusas frits à la viande ou aux légumes. Ce métissage culinaire est l'un des marqueurs forts de la civilisation swahilie.
À Zanzibar, la noix de coco, le gingembre, le clou de girofle et le curcuma entrent dans presque toutes les préparations. Les currys de fruits de mer et les poissons grillés à la sauce coco sont à des années-lumière des plats servis dans les lodges pour touristes. Allez manger dans les gargotes locales : c'est là que la cuisine tanzanienne révèle ce qu'elle vaut vraiment.
Quand partir en Tanzanie ?
Le calendrier idéal tourne autour de deux saisons sèches. La principale, de juin à octobre, est la meilleure période pour le safari : végétation basse, animaux rassemblés autour des points d'eau, et passage de la Grande Migration dans le nord du Serengeti entre juillet et septembre. C'est aussi la haute saison touristique, donc les prix montent.
La courte saison sèche de janvier à mi-mars offre de bonnes conditions safari avec moins de monde et des prix plus bas. C'est aussi la période des mises bas dans le Serengeti, avec une faune particulièrement active. Les grandes pluies (mars à mai) rendent certaines pistes impraticables, mais les paysages sont d'une verdure spectaculaire et les tarifs très inférieurs.
Pour Zanzibar, le meilleur moment est de juin à octobre (saison sèche, moins d'humidité) et de décembre à février (chaleur, mais temps stable). Évitez la mousson de mars à mai pour les plages.
Comment aller en Tanzanie ?
Pas de vol direct régulier depuis Paris. Les principales connexions passent par Nairobi, Doha, Addis-Abeba ou Amsterdam. Les compagnies les plus utilisées sont Kenya Airways, Qatar Airways, Ethiopian Airlines et KLM. Comptez entre 600 et 1 200 € aller-retour depuis la France selon la saison et l'anticipation.
Les aéroports principaux sont celui du Kilimandjaro (JRO) pour les parcs du Nord, Dar es Salaam (DAR) pour la capitale économique, et Zanzibar (ZNZ) pour l'archipel. Le visa s'obtient en ligne avant le départ (environ 50 USD). La vaccination contre la fièvre jaune est obligatoire si vous venez d'un pays endémique.
Comment se déplacer en Tanzanie ?
Pour les safaris, le véhicule 4x4 avec chauffeur-guide est la norme absolue. C'est cher, mais c'est aussi la seule façon d'accéder à de nombreuses pistes et de bénéficier d'un accompagnement expert. Les agences locales basées à Arusha proposent des prestations souvent plus compétitives que les tours operators occidentaux, à qualité comparable.
Entre les grandes villes, des compagnies de bus longue distance comme Dar Express ou Kilimanjaro Express assurent des liaisons confortables à des tarifs modestes. Les dala-dalas (minibus locaux) sont le transport du quotidien, économiques mais souvent surchargés.
Concernant les vols intérieurs : depuis juin 2025, toutes les compagnies aériennes certifiées en Tanzanie figurent sur la liste de sécurité aérienne de l'UE. Consultez la liste publique de la Commission Européenne et discutez des alternatives avec votre agence avant de réserver.
Conseil d'ami : le ferry Azam Marine entre Dar es Salaam et Zanzibar est une option rapide (2h) et économique (environ 35 USD). Réservez à l'avance en haute saison : les traversées affichent souvent complet plusieurs jours à l'avance.