Collobrières, capitale varoise du marron glacé au fond des Maures
Son nom vient des couleuvres. Des dizaines de serpents qui peuplaient autrefois les rives du réal Collobrier, la rivière qui traverse encore aujourd'hui le village. Ce détail dit beaucoup de l'endroit : on est ici dans un Var profond, forestier, éloigné du fracas balnéaire de la côte.
À quelques dizaines de kilomètres de Saint-Tropez, le massif des Maures semble appartenir à un autre siècle. Chênes-lièges, châtaigniers, odeur de résine et de sous-bois frais. Bienvenue dans la capitale française du marron glacé.
Faite pour ceux qui fuient la foule du littoral varois
Ce village ne propose pas de plages, pas de nightlife, pas de musées d'art contemporain. Ce qu'il offre en revanche, c'est un arrière-pays préservé, des sentiers de randonnée parmi les plus beaux du Var et une identité gastronomique sincère. C'est la destination rêvée pour décompresser après quelques jours de Côte d'Azur, ou pour un week-end automnal en pleine nature.
thumb_up Destination adaptée pour :
- Les randonneurs à la recherche de forêts préservées loin des sentiers surcourus
- Les amateurs de gastronomie et produits du terroir provençal
- Les familles avec enfants, pour les balades en châtaigneraie et le musée du marron glacé
- Les amoureux du patrimoine religieux et médiéval
- Les voyageurs qui veulent une base calme pour explorer le Massif des Maures
warning Destination inadaptée pour :
- Les baigneurs et amateurs de plage : aucune côte accessible depuis le village
- Les voyageurs sans voiture : le village est isolé et peu desservi en transports
- Ceux qui cherchent animations nocturnes, bars branchés ou scène culturelle urbaine
- Les randonneurs souhaitant partir en été : l'accès aux massifs forestiers est soumis à restrictions de juin à septembre pour risque incendie
Un budget raisonnable, bien en dessous des tarifs du littoral varois
| Type de dépense | Fourchette indicative |
|---|---|
| Hébergement économique (chambre d'hôtes, gîte rural dans les Maures) | 50 € à 75 € / nuit |
| Hébergement confortable (Hôtel Notre Dame 3★ avec piscine, au village) | À partir de 85 € / nuit |
| Repas sur le pouce (sandwich, glace aux marrons à la Confiserie Azuréenne) | 8 € à 15 € |
| Repas au restaurant (cuisine provençale, spécialités maison) | 20 € à 35 € |
| Activités (randonnée gratuite, musée du marron glacé gratuit, visite Chartreuse) | 0 € à 10 € |
| Budget journée routard | 60 € à 80 € |
| Budget journée confortable | 130 € à 160 € |
Isolé, mais accessible : les réalités de l'arrière-pays varois
La voiture est quasiment indispensable. Le village se trouve à environ 40 km au nord de Toulon et à 25 km de Hyères, par des routes sinueuses à travers la forêt. La D39 depuis Pierrefeu-du-Var et la D14 depuis Grimaud sont les deux principales voies d'accès, toutes deux très pittoresques et assez étroites. Prévoyez du carburant ou de la charge électrique : le seul distributeur de billets du village peut saturer lors des grands week-ends.
Attention majeure entre juin et septembre : l'accès aux massifs forestiers du Var est soumis à des restrictions quotidiennes pour prévention des incendies. La carte d'accès est mise à jour chaque soir pour le lendemain. Avant toute randonnée ou visite de la Chartreuse de la Verne, consultez le site de la préfecture du Var ou appelez l'office de tourisme local.
Le village médiéval et la rivière : une heure de flânerie bien employée
Le cœur du village mérite qu'on s'y attarde. Les ruelles en calade, ce pavage de galets caractéristique de Provence, serpentent entre des maisons anciennes aux volets colorés. La place de la Mairie, ombragée et rafraîchie par une fontaine ancienne, est le centre de gravité naturel du village.
Le vieux pont en dos d'âne du XIIe siècle enjambe le réal Collobrier, où les canards s'ébattent au fil de l'eau. Plus haut dans le village, les ruines de l'église Saint Pons datant de 1080 dominent les toits. Sur les hauteurs, l'arboretum créé par un ingénieur agronome passionné abrite en bordure de rivière des arbres ramenés de ses voyages : pacanier, cèdre de l'Atlas, tulipier de Virginie. Entrée libre.
Conseil d'ami : La cloche d'origine du monastère des Chartreux, datant du XIIe siècle, est exposée dans le vestibule de la mairie de Collobrières. Une pièce rarissime souvent passée sous silence, accessible lors des heures d'ouverture.
La Chartreuse de la Verne : 12 km de forêt pour atteindre le silence
C'est le monument phare du secteur. Fondée vers 1174, détruite et reconstruite plusieurs fois, la Chartreuse de la Verne est classée au titre des Monuments historiques depuis 1921. Ses bâtiments actuels datent des XVIIe et XVIIIe siècles, bâtis en serpentine des Maures, cette pierre volcanique verte extraite dans les carrières locales. Une communauté de moniales l'occupe encore aujourd'hui.
Elle ouvre ses portes toute l'année, sauf en janvier et les jours fériés. Les horaires varient selon les saisons. La route qui y mène depuis Collobrières est magnifique et prenante : 12 km de lacets forestiers, sans croisement possible par endroits.
Bon à savoir :
- Vue panoramique depuis le monastère sur la baie de Saint-Tropez à l'est et les Préalpes au nord
- Plusieurs sentiers balisés partent directement du parking, dont la boucle vers la retenue de la Verne
- Accès impossible en bus ou autocar de plus de 8 mètres, ce qui limite la fréquentation
Les châtaigneraies et la Fête de la Châtaigne : l'automne comme saison reine
Les 2 000 hectares de châtaigneraies du Massif des Maures se concentrent en bonne partie autour du village. La culture du châtaignier y remonte au XIIIe siècle, initiée par les Chartreux de la Verne eux-mêmes. Aujourd'hui, près de 400 castanéiculteurs varois exploitent encore cette ressource.
Chaque automne, les trois derniers dimanches d'octobre, les Fêtes de la Châtaigne rassemblent environ 20 000 visiteurs pour déguster le fruit sous toutes ses formes : grillée sur braise, en marron glacé, en crème, en farine, en bière. L'entrée est gratuite, mais le stationnement est organisé en dehors du village avec navettes. Prévenez-vous longtemps à l'avance si vous voulez dormir sur place ce week-end.
Conseil d'ami : Trois sentiers balisés partent du village même. Le plus court, le sentier botanique de 2 km, longe la châtaigneraie communale. Pour une balade plus ambitieuse, le sentier découverte de 6 km offre des vues sur toute la forêt et sur la mer depuis les hauteurs. Départ depuis le parking du stade, entrée Est du village.
Où manger et boire à Collobrières ?
La Confiserie Azuréenne, installée dans le village depuis 1945, est bien plus qu'une boutique de souvenirs. Ses marrons glacés 100 % naturels sont fabriqués sur place, et la glace aux marrons, voire celle parfumée au rhum, vaut un arrêt à elle seule. Le musée du marron glacé attenant est gratuit et ouvre tous les jours.
Pour déjeuner ou dîner, l'Hôtel-Restaurant des Maures, qui surplombe la rivière, propose une cuisine méditerranéenne solide : dos de cabillaud à la provençale, spécialités de saison, et immanquablement un dessert à base de marrons. Le décor rétro donne l'impression de revenir quelques décennies en arrière, ce qui est loin d'être déplaisant.
Où dormir à Collobrières et aux alentours ?
Dans le village, l'Hôtel Notre Dame (3 étoiles) est l'adresse principale avec sa piscine extérieure, très appréciée en été. Il affiche des tarifs à partir de 85 € la nuit, raisonnables pour la région. Les chambres d'hôtes et gîtes ruraux sont nombreux dans les environs, notamment vers Bormes-les-Mimosas et La Londe-les-Maures, à une vingtaine de minutes.
Pour les aventuriers, un gîte d'étape existe à proximité de la Chartreuse de la Verne pour passer la nuit au cœur du massif. Les campings les plus proches se trouvent côté littoral, à Bormes ou La Londe. En dehors des week-ends de la Fête de la Châtaigne, trouver de l'hébergement de dernière minute est généralement possible.
Comment aller à Collobrières ?
Depuis Toulon : 40 km, environ 50 minutes par la D554 puis la D39. Depuis Nice : environ 1h30 en voiture via l'A57. Depuis Marseille : 1h30 environ via l'A57 et Toulon. L'aéroport de Toulon-Hyères est le plus proche, à 35 km.
En transports en commun, c'est nettement plus compliqué. La gare de Toulon est à 40 km, et des liaisons par bus existent mais sont peu fréquentes. Des navettes saisonnières opèrent depuis certaines stations balnéaires. Pour les touristes venant de loin, la location de voiture depuis Toulon ou Hyères reste la solution la plus pratique.
Comment se déplacer à Collobrières ?
Le village se visite entièrement à pied en moins d'une heure. Pour les sentiers de randonnée proches, les départs s'effectuent directement depuis le parking du stade ou les hauteurs du vieux village, sans véhicule nécessaire.
Pour la Chartreuse de la Verne et les autres sites du massif, la voiture est indispensable. Il n'existe pas de service de taxi local ni d'application VTC dans ce secteur rural. Prévoyez vos déplacements en autonomie complète.
Quand y aller ?
L'automne est la saison de prédilection : couleurs de la forêt, récolte des châtaignes, températures douces et Fêtes de la Châtaigne en octobre. Le printemps, de mars à mai, est idéal pour la randonnée avant les restrictions estivales. Évitez juillet-août pour les sentiers et la Chartreuse : l'accès aux massifs forestiers est conditionné au niveau de risque incendie quotidien, et peut être fermé sans préavis.







