


C'est l'architecte espagnol Santiago Calatrava qui s'est vu confier la lourde tâche d'honorer, à sa manière, les Argentines qui avaient marqué l'histoire de leur pays. Situé sur le dock n°III de Puerto Madero, l'édifice a donc vu le jour en 2001 (ce qui en fait un monument relativement récent). Vu de l'extérieur, il ne s'agit que d'un pont piéton long de 160 mètres et large de 6,20 mètres. Il est, en outre, divisé en trois sections : deux d'entre elles sont fixées sur les deux berges du dock, tandis que la troisième prend la forme d'une section mobile tournant su un pilier conique fait de béton blanc. C'est, en fait, ce système (soutenu par une aiguille d'acier et une épine de ciment haute de 39 mètres) qui permet – en moins de deux minutes – le passage d'embarcations maritimes.
Le Puente de la Mujer n'a pas atterri dans ce quartier par hasard. Puerto Madero est, en effet, connu comme un endroit où les noms de rues rendent hommage aux femmes qui ont marqué l'histoire du pays. Quartier jeune (il n'a qu'une vingtaine d'années), ce lieu spécial met donc en avant une certaine forme de modernité, où la place symbolique des Argentines (comme Azucena Villaflor) est rétablie à sa juste place. Mais les femmes ne sont pas les seules à être célébrées par cet édifice à l'allure chaloupée. En effet, selon son architecte, le pont représenterait également un couple qui danse le tango ! Dans cette configuration, l'épine représenterait en fait l'homme ; tandis que la courbe symboliserait la femme en plein mouvement. Par-delà son esthétique atypique, le Puente de la Mujer est donc une manière originale de marier tradition locale et modernité sociétale.
*Informations sujettes à variation