
Le regard se pose sur l'étang central, glisse vers les arbres, puis tout à coup, sans crier gare, le toit de la grande porte du Todai-ji surgit à l'horizon, cadré par les cimes comme s'il avait été posé là exprès. Ce n'est pas un hasard : c'est le shakkei, l'art du « paysage emprunté », poussé ici à sa forme la plus accomplie.
Deux pas après la cohue du parc aux daims, derrière une petite rue que l'on n'emprunte pas par hasard, se déploie un jardin de 1,35 hectare que beaucoup de visiteurs de Nara rentrent chez eux sans avoir vu. C'est le seul kaiyushiki teien (jardin de promenade) de la ville, inscrit depuis 1975 sur la liste nationale des lieux au panorama exceptionnel.
Son histoire est elle-même une forme de paysage emprunté : deux jardins créés à des époques différentes, par des marchands différents, fusionnés en 1939 par Jyunsaku Nakamura pour former un seul site, prolongé en 1958 par le musée d'art Neiraku que sa famille avait constitué.
La partie occidentale, la plus ancienne, remonte au XVIIe siècle. Les sentiers y sont étroits, bordés de mousse et de cours d'eau murmurés. Les branches basses créent une enveloppe dense, presque intime. L'ambiance est délibérément recueillie, à l'image des jardins de thé de l'ère Edo.
La partie orientale, achevée en 1899, change complètement de registre. L'espace s'ouvre sur un grand étang. C'est depuis les abords du pavillon de thé Hyoshintei, à l'ouest du bassin, que le shakkei opère pleinement : les monts Wakakusa, Kasuga et Mikasa forment un arrière-plan continu avec le toit du Nandaimon du Todai-ji. Les arbres du sanctuaire Himuro au sud et du Todai-ji au nord effacent tout l'espace intermédiaire, rendant la scène parfaitement unifiée.
Conseil d'ami : Installez-vous quelques minutes face à l'étang du Kotei, dos au chemin. Le meilleur cadrage se trouve depuis la berge nord-ouest, au niveau du pavillon Hyoshintei. En automne, les érables rouges doublent la composition et c'est, selon nous, l'un des tableaux les plus maîtrisés de tout le Kansai.
À l'entrée du site, le musée Neiraku présente plus de 2 000 pièces : bronzes anciens chinois, céramiques de la dynastie Yi coréenne, miroirs, sceaux, et en saison, des peintures du maître Tanomura Chikuden (1777-1835), dont certaines sont classées biens culturels importants du Japon. L'accès est inclus dans le ticket d'entrée.
Les collections ne peuvent pas toutes être exposées simultanément. Le musée renouvelle ses présentations régulièrement, ce qui signifie que deux visites à quelques mois d'intervalle ne donneront pas les mêmes œuvres à voir.
Quatre pavillons de thé jalonnent le site :
| Catégorie | Tarif |
|---|---|
| Adulte | 1 200 ¥ |
| Lycéen / Étudiant | 500 ¥ |
| Collégien / Primaire | 300 ¥ |
| Personne en situation de handicap | 500 ¥ (accompagnateur gratuit) |
| Groupe (à partir de 15 personnes) | 1 000 ¥ / personne |
Tarifs indicatifs sujets à variation
*Informations sujettes à variation