Samarkand, la ville où le bleu a inventé sa propre religion
Il y a une couleur qui n'existe qu'ici, un bleu turquoise si intense qu'on l'appelle parfois le "bleu de Samarkand". Il recouvre des coupoles vieilles de six siècles et continue d'éblouir sous le soleil d'Asie centrale.
Tamerlan a voulu faire de cette ville la plus belle du monde connu, et pour une fois, l'ambition démesurée d'un conquérant a plutôt bien vieilli.
Une destination faite pour vous ?
Si vous rêvez d'architecture monumentale, de mosaïques hypnotiques et d'un dépaysement total à quelques heures d'avion de l'Europe, Samarkand va vous marquer. C'est une ville qui récompense la lenteur : s'asseoir face au Registan au coucher du soleil vaut plus que n'importe quelle visite chronométrée.
En revanche, si vous cherchez de la vie nocturne, une scène culturelle contemporaine foisonnante ou un rythme urbain trépidant, vous risquez de trouver la ville un peu assoupie une fois la nuit tombée.
Destination adaptée pour :
- Les passionnés d'histoire et d'architecture islamique
- Les voyageurs en quête de dépaysement culturel fort
- Les amateurs de photographie
- Les budgets serrés cherchant un exotisme accessible
Destination inadaptée pour :
- Les amateurs de vie nocturne et de sorties tardives
- Ceux qui veulent une plage ou une nature spectaculaire
- Les voyageurs pressés (la ville se savoure lentement)
Un budget accessible comparé au reste de l'Asie
| Poste | Fourchette |
|---|---|
| Nuit en guesthouse basique | 8 à 15 € |
| Nuit en hôtel confortable | 35 à 70 € |
| Repas sur le pouce (plov, chachlik) | 2 à 4 € |
| Repas au restaurant | 8 à 15 € |
| Total journée routard | 20 à 30 € |
| Total journée confort | 60 à 100 € |
Tarifs indicatifs sujets à variation
Réalités pratiques : ce qu'il faut savoir avant de partir
L'anglais reste limité en dehors des hôtels et agences touristiques, le russe étant souvent la deuxième langue la plus utile après l'ouzbek. Prévoyez quelques phrases de base ou une application de traduction hors ligne.
Le climat est continental sec : étés brûlants (jusqu'à 40°C en juillet-août) et hivers froids. Les infrastructures touristiques se sont nettement développées ces dernières années, avec un réseau de guesthouses familiales bien tenu dans la vieille ville.
Le Registan et ses environs, l'épicentre monumental
La place du Registan concentre trois médersas monumentales du XVe et XVIIe siècle, couvertes de céramiques bleues et de calligraphies dorées. C'est le cliché absolu de Samarkand, mais il mérite amplement sa réputation.
Conseil d'ami : venez une première fois au coucher du soleil pour la lumière, puis revenez le lendemain matin très tôt (avant 8h) pour profiter du site presque désert, sans les groupes de touristes.
À quelques centaines de mètres, la mosquée Bibi-Khanym impressionne par ses dimensions colossales, voulue par Tamerlan pour surpasser tout ce qui existait alors dans le monde islamique.
Shah-i-Zinda, l'allée des morts la plus colorée du monde
Cette nécropole en pente regroupe une vingtaine de mausolées construits sur plusieurs siècles, chacun avec ses propres motifs de céramique. La densité ornementale y est presque écrasante, un festival de bleus, turquoises et verts qui se répondent d'un tombeau à l'autre.
La légende locale veut que le site abrite la tombe d'un cousin du prophète Mahomet, ce qui en fait un lieu de pèlerinage encore actif aujourd'hui, pas seulement une attraction touristique figée.
Le mausolée de Gour Emir et le quartier vivant
Sous sa coupole côtelée bleu turquoise repose Tamerlan lui-même, aux côtés de ses fils et petits-fils. L'intérieur, tout en dorures et albâtre sculpté, contraste avec la sobriété relative de l'extérieur.
Autour de ces monuments, le Siyob Bazaar offre un autre visage de la ville : montagnes d'épices, pains ronds traditionnels (le non), fruits secs et négociants qui marchandent avec entrain. C'est ici que la ville respire au présent, loin des pierres du passé.
Où manger et boire à Samarkand ?
Le plov de Samarkand se distingue par ses couches bien visibles de riz, carottes et viande, différent de la version de Tachkent. Cherchez les gargotes populaires plutôt que les restaurants pour touristes, souvent plus chers pour un résultat moins authentique.
Le non samarkandi, ce pain rond marqué au tampon, est une institution locale : on dit qu'il se conserve plus longtemps que celui des autres régions du pays. Goûtez-le tout chaud, sorti du four à tandoor du bazar.
Où dormir à Samarkand et aux alentours ?
La vieille ville, autour du Registan, concentre la majorité des guesthouses de charme dans des maisons traditionnelles à cour intérieure. C'est l'option la plus pratique pour tout visiter à pied.
Les quartiers plus modernes, vers l'avenue Amir Timur, proposent des hôtels plus récents et plus confortables, à quelques minutes de taxi des sites principaux.
Comment aller à Samarkand ?
L'aéroport de Samarkand (SKD) accueille des vols directs depuis plusieurs villes européennes, avec des durées de vol généralement comprises entre 5 et 7 heures depuis la France selon les escales.
Depuis Tachkent, le train à grande vitesse Afrosiyob relie les deux villes en environ 2 heures, une option confortable et largement préférée à la route par les voyageurs.
Comment se déplacer à Samarkand ?
La vieille ville se parcourt essentiellement à pied, les principaux monuments étant relativement proches les uns des autres. Comptez toutefois de la marche sous un soleil parfois écrasant en été.
Pour les distances plus longues ou en cas de forte chaleur, les taxis sont abondants et bon marché. Les applications locales de VTC facilitent la négociation du prix, souvent source de malentendus avec les chauffeurs classiques.
Quand y aller ?
Le printemps (avril-mai) et l'automne (septembre-octobre) offrent les meilleures conditions : températures douces et lumière idéale pour photographier les monuments. Évitez juillet et août, où la chaleur peut rendre les visites en plein soleil difficiles.