


Le mot de la rédaction, mis à jour le 28/10/2025
Les 33 000 feuilles de titane capturent la lumière du Pays basque et transforment chaque heure de la journée en spectacle renouvelé. Depuis 1997, le Musée Guggenheim n'est pas qu'un musée : c'est la métamorphose incarnée de Bilbao, ville industrielle devenue mecque de l'art contemporain. L'audace de Frank Gehry a fait plus que créer un édifice, elle a inventé un phénomène désormais mondial, le fameux effet Bilbao.
Sur les rives du Nervión, là où s'alignaient jadis les docks désaffectés, surgit cette sculpture architecturale qui défie les courbes classiques. Gehry a puisé son inspiration dans le mouvement des poissons et l'héritage industriel maritime de la ville. Le résultat ? Un bâtiment organique qui évoque tantôt un navire à quai, tantôt les écailles scintillantes d'un être aquatique géant.
Construit entre 1993 et 1997 grâce au logiciel aérospatial CATIA, le musée représente une prouesse technique autant qu'esthétique. Ses 24 000 m² abritent 11 000 m² d'espaces d'exposition répartis sur dix-neuf galeries. Dix suivent un plan orthogonal classique reconnaissable à leurs finitions en pierre, tandis que neuf affichent des formes irrégulières habillées de titane qui ondulent au gré de la lumière et des caprices météorologiques.
Avant même de pénétrer à l'intérieur, trois sculptures monumentales imposent leur présence. Puppy, l'emblématique chien géant de Jeff Koons créé en 1992, monte la garde devant l'entrée principale. Ses 12,4 mètres de hauteur sont recouverts de dizaines de milliers de fleurs vivantes, méticuleusement renouvelées deux fois par an. Cette sentinelle joyeuse incarne l'optimisme que l'artiste américain cherche à insuffler.
Entre le musée et le fleuve se dresse Maman, l'araignée monumentale de Louise Bourgeois. Haute de près de 9 mètres, cette structure en bronze et acier abrite un sac en marbre contenant des œufs, allégorie puissante de la maternité protectrice. Sur la terrasse du musée, les tulipes multicolores de Koons complètent ce triptyque extérieur en explosant de couleurs vives.
Le cœur du musée bat dans son atrium vertigineux de 50 mètres de hauteur, surnommé La Fleur par Gehry lui-même. Cet espace baigné de lumière naturelle distribue les galeries sur trois étages et offre des perspectives saisissantes sur l'estuaire et les collines environnantes.
Dans la plus vaste galerie, longue de 130 mètres, trône l'installation permanente de Richard Serra. The Matter of Time se compose de huit sculptures monumentales en acier Corten qui forment un labyrinthe sensoriel. On s'y perd volontiers, explorant les courbes titanesques qui modifient la perception de l'espace et amplifient les sons. Marcher entre ces plaques d'acier de plusieurs tonnes devient une expérience quasi mystique.
Le musée déploie une collection permanente magistrale : Mark Rothko, Antonio Saura, Willem de Kooning, Anselm Kiefer. Les expositions temporaires renouvellent constamment l'offre, confirmant le statut du Guggenheim comme plateforme majeure de l'art contemporain mondial. Jenny Holzer, Eduardo Chillida, Fujiko Nakaya avec sa sculpture de brouillard poétique complètent ce panthéon artistique.
Le conseil d'ami : montez sur le pont de La Salve avec son arche rouge pour admirer le musée sous son meilleur angle, puis traversez le fleuve via la passerelle de la bibliothèque Deusto pour une vue frontale spectaculaire. À l'intérieur, ne manquez pas l'heure tranquille du mercredi entre 14h et 15h30, moment privilégié pour une visite apaisée.
*Informations sujettes à variation
Le quartier a été réaménagé autour de cet espace culturel de premier ordre.
J'ai aimé son architecture extérieure qui vaut le déplacement, la vue depuis les ponts est renversante.
Après, j'ai été moins emballé par les collections, mais ça reste un endroit surprenant.