Ce nom sera visible par les autres voyageurs

Un linteau du VIIe siècle. Une tête de Bouddha dont le regard fixe le vôtre depuis quatorze siècles. Et puis, posée dans une salle latérale, une inscription sur un montant de porte qui renferme la première représentation graphique connue du zéro dans l'histoire humaine. Le musée national du Cambodge est ce genre d'endroit qui déroute, parce qu'il dépasse largement l'idée qu'on s'en fait.
Inauguré le 13 avril 1920 lors du Nouvel An khmer en présence du roi Sisowath, ce bâtiment de couleur ocre-rouge a été conçu par George Groslier, archéologue, peintre et ethnologue français, sur la base des bas-reliefs des temples khmers. L'édifice lui-même est une œuvre : ses toits à gradins, ses fenêtres à colonnettes, ses façades sculptées s'inspirent des prototypes angkoriens, réinterprétés à l'échelle d'un musée.
Ce n'est pas de l'imitation coloniale, c'est une réflexion architecturale sur ce qu'aurait été un temple royal adapté à un usage civil.
Avec plus de 14 000 pièces couvrant de la préhistoire au XIXe siècle, dont environ 2 000 exposées au public, le musée abrite la plus grande collection de sculpture khmère au monde. Ni Angkor, ni aucun autre musée de la région ne réunit autant de chefs-d'œuvre sous un seul toit.
Quatre galeries s'organisent autour d'un patio central traversé de bassins où flottent des lotus. La lumière y entre par les cours intérieures, posant des ombres douces sur les grès et les bronzes. C'est silencieux, à peine troublé par le froissement des visiteurs.
À repérer absolument :
Entre 1975 et 1979, Phnom Penh est vidée de ses habitants. Le musée est abandonné, son toit s'effondre partiellement, une colonie de milliers de chauves-souris s'y installe, les jardins sont envahis. Quand l'inventaire est réalisé en 1980, des collections entières ont disparu. Ce que vous voyez aujourd'hui est ce qui a survécu — ce qui rend chaque pièce exposée d'autant plus précieuse.
Le musée a été restauré en profondeur dans les années 1990, puis rénové en 2013 avec l'installation d'un éclairage et d'un système de sécurité modernes. Depuis 2024, un vaste projet de réhabilitation et d'extension est en cours, porté par le ministère cambodgien de la Culture avec le soutien d'Expertise France et l'accompagnement scientifique du musée Guimet. L'objectif : moderniser les infrastructures, enrichir le parcours de visite et renforcer la médiation culturelle. En 2024, le musée a accueilli près de 290 000 visiteurs.
Conseil d'ami : La photographie est strictement interdite à l'intérieur des galeries, mais autorisée dans le patio et à l'extérieur. Prévoyez une tenue couvrant les épaules et les genoux, sous peine de refus à l'entrée. Des guides francophones sont disponibles sur place, ce qui change radicalement la visite : les cartels sont succincts et une bonne partie du contexte historique n'est transmise qu'oralement.
| Catégorie de visiteur | Tarif |
|---|---|
| Adulte étranger | 10 USD |
| Enfant étranger | 5 USD |
| Ressortissants cambodgiens | Tarif réduit |
| Groupes scolaires cambodgiens | Gratuit |
Tarifs indicatifs sujets à variation
*Informations sujettes à variation