Sainte-Anne, la Martinique des cartes postales
Deux millions de visiteurs par an. Ce chiffre donne le vertige quand on sait que Sainte-Anne compte à peine 5000 habitants permanents. La commune la plus méridionale de la Martinique attire les foules pour une raison simple : c'est ici que se trouve la plage des Salines, ce kilomètre de sable blanc bordé de cocotiers qui a fait le tour des agences de voyage du monde entier.
Mais réduire Sainte-Anne à cette seule image serait une erreur. Derrière l'icône balnéaire se cache un village créole vivant, des sentiers de randonnée spectaculaires et une scène gastronomique qui mérite qu'on s'y attarde bien au-delà d'une simple journée de plage.
Sainte-Anne : un paradis balnéaire, mais pas seulement
Si vous rêvez de plages de sable blanc, d'eaux turquoise et de cocotiers parfaitement alignés, Sainte-Anne va cocher toutes vos cases. La commune concentre le plus grand nombre de plages de toute la Martinique. Les familles avec enfants trouveront ici des conditions de baignade idéales : mer calme, faible profondeur, nombreux restaurants et lolos à proximité. Les amateurs de farniente seront comblés.
En revanche, ceux qui fuient les lieux touristiques risquent de grimacer, surtout le week-end aux Salines. Le parking déborde, les vendeurs ambulants défilent, et trouver un coin d'ombre devient un sport. La commune manque aussi de vie nocturne au sens classique du terme. Et si vous cherchez la Martinique sauvage et montagneuse, le nord de l'île vous conviendra mieux.
Une destination française sans formalités
La Martinique étant un département d'outre-mer, les ressortissants européens n'ont besoin que d'une carte d'identité. On y parle français partout, le créole en bonus. Côté pratique, la voiture reste quasi indispensable : les bus existent mais leurs horaires restent aléatoires. Comptez environ 50€ en taxi depuis l'aéroport si vous réservez à l'avance, le double au compteur.
Un budget confortable mais gérable
Sainte-Anne n'est pas la destination la moins chère de Martinique, mais elle reste abordable. Comptez entre 70 et 150€ par nuit pour un gîte ou une location, 15 à 25€ pour un repas créole complet, et 5€ de parking à la Pointe Marin. Les plages sont gratuites et les plus belles randonnées ne coûtent rien.
Les plages : du mythe à la réalité
La Grande Anse des Salines mérite sa réputation. Ce croissant parfait de sable blond s'étire sur plus d'un kilomètre, bordé par une cocoteraie centenaire. L'eau y est translucide, peu profonde, idéale pour les enfants. Mais la magie opère surtout en semaine et tôt le matin. Le week-end, les Martiniquais affluent en masse pour pique-niquer en famille, et l'ambiance vire parfois à la kermesse géante. Derrière la plage, l'Étang des Salines offre une alternative calme : un sentier sur pilotis traverse la mangrove où l'on observe aigrettes, crabes violonistes et balbuzards pêcheurs.
Conseil d'ami : arrivez avant 9h aux Salines si vous voulez un emplacement ombragé. Le parking sature rapidement. Si vous venez l'après-midi un dimanche, tournez les talons et filez plutôt vers l'Anse Trabaud, plus sauvage et moins accessible.
La Pointe Marin, plus proche du bourg, offre une alternative familiale. L'eau y est encore plus calme, les restaurants nombreux, et les couchers de soleil y sont spectaculaires. Le parking est payant mais pratique. L'Anse Caritan, discrète et peu profonde, séduit les familles en quête de tranquillité. Quant à l'Anse Michel, ses vents constants en font le terrain de jeu favori des kitesurfeurs et véliplanchistes.
La Trace des Caps : randonner face à l'Atlantique
Sainte-Anne n'est pas qu'une station balnéaire. Le sentier de la Trace des Caps, l'une des randonnées les plus emblématiques de Martinique, démarre ici. Ce parcours littoral de 34 kilomètres longe la côte atlantique en passant par des paysages d'une variété saisissante : dunes de sable blanc, falaises battues par les vagues, mangroves et savanes arides.
Pas besoin de faire l'intégrale. Un tronçon de 2 à 3 heures suffit pour atteindre la Savane des Pétrifications, un plateau désertique aux allures lunaires qui contraste violemment avec le reste de l'île. Le sol craquelé, les arbres rabougris et l'absence quasi totale de végétation créent une atmosphère presque irréelle. C'est l'un des sites géologiques les plus anciens de Martinique.
Conseil d'ami : partez tôt le matin avec au moins 2 litres d'eau par personne. Le soleil tape fort et l'ombre se fait rare sur certains tronçons. La randonnée n'est pas une boucle : prévoyez un taxi ou du covoiturage pour le retour.
Le bourg de Sainte-Anne : au-delà de la plage
Le village mérite qu'on s'y attarde. Les maisons créoles aux couleurs vives bordent des ruelles tranquilles. L'église Notre-Dame de Sainte-Anne, classée aux monuments historiques, compte parmi les plus anciennes de Martinique. Construite au XVIIIe siècle, détruite par un cyclone en 1817, reconstruite puis agrandie, elle témoigne de l'histoire mouvementée de l'île. Juste derrière, le Calvaire de la Salette attire chaque 19 septembre plus de 5000 pèlerins.
Le marché de Sainte-Anne anime le bourg plusieurs matins par semaine. Fruits tropicaux, épices, artisanat local : c'est l'endroit idéal pour acheter du colombo en poudre, de la vanille bourbon ou des confitures de goyave. L'ambiance reste décontractée, loin de la frénésie touristique des plages.
Où manger et boire à Sainte-Anne ?
La scène culinaire locale oscille entre lolos de plage et tables plus raffinées. Les lolos, ces petits restaurants informels installés sur le sable, servent du poisson grillé accompagné de la fameuse sauce chien parfumée au piment végétarien. La Cour Créole, au cœur du bourg, propose chaque jour des plats différents selon les arrivages du marché : colombo de poulet, féroce d'avocat, fricassée de chatrou. Les contenants sont tous recyclables, et le service traiteur permet de repartir avec son repas pour la plage.
Chez Gracieuse, près du Cap Chevalier, est une institution pour la cuisine créole familiale. Le plateau de Gracieuse rassemble accras, boudins, crabe farci, écrevisses et demi-langouste. Ils livrent même sur l'îlet Chevalier pour vos pique-niques. Le Delim's, plus contemporain, propose une cuisine métissée et audacieuse signée par la cheffe Marie-Claude. Ses cocktails à base de rhum AOC martiniquais et de liqueurs maison valent le détour.
Où dormir à Sainte-Anne et aux alentours ?
L'offre hôtelière classique reste limitée. Le Club Med Les Boucaniers occupe la Pointe Marin et propose un tout-inclus avec plage privée, mais ce n'est pas donné. La vraie richesse de Sainte-Anne réside dans ses gîtes et locations chez l'habitant. La Résidence Anoli Lodges, sur les hauteurs, offre une vue imprenable sur la baie. Les Terres d'Ô proposent 15 logements saisonniers variés, du studio au F4.
Le secteur du Cap Chevalier, à quelques minutes du bourg, concentre des hébergements plus calmes avec piscine et vue mer. Comptez entre 70€ et 150€ la nuit selon la saison. Réservez plusieurs semaines à l'avance entre décembre et avril : c'est la haute saison et les meilleures adresses partent vite.
Comment se rendre et se déplacer à Sainte-Anne ?
L'aéroport international Aimé Césaire du Lamentin dessert la Martinique depuis Paris en 8h30 de vol direct. Sainte-Anne se trouve à environ 40 kilomètres au sud, soit 45 minutes à une heure de route selon le trafic. La location de voiture est fortement recommandée : les agences sont présentes à l'aéroport et en ville. Comptez 30 à 50€ par jour selon la saison.
Les taxis-co, ces minibus collectifs sans horaires fixes, relient Fort-de-France à Sainte-Anne pour environ 7€, mais leur fréquence reste aléatoire. Depuis l'aéroport, un taxi coûte environ 50€ si réservé à l'avance, jusqu'à 90€ au compteur. Une fois sur place, le bourg se parcourt facilement à pied, mais la voiture reste indispensable pour rejoindre les différentes plages et randonnées.
Quand y aller ?
La saison sèche, de décembre à avril, offre les meilleures conditions : moins d'averses, températures agréables autour de 28°C, mer calme. C'est aussi la haute saison touristique et les prix s'en ressentent. La période de juin à août peut être un bon compromis, avec des tarifs plus doux même si quelques averses tropicales viennent ponctuer les journées.
Évitez septembre et octobre, cœur de la saison cyclonique, où certains établissements ferment et où les conditions météo peuvent être capricieuses.
Vous pouvez sans problême envisager d'y louer un hébergement pour 1 semaine et profiter des Caraïbes.