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Équateur : du sommet des volcans aux îles de Darwin

Un pays où l'on peut prendre son petit-déjeuner face à un volcan enneigé culminant à 5897 mètres, déjeuner au bord d'un lac de cratère turquoise, et terminer sa journée dans la moiteur de la forêt amazonienne. L'Équateur concentre sur un territoire de la taille de la moitié de la France une diversité géographique que d'autres continents peinent à réunir.

La porte d'entrée idéale en Amérique du Sud

L'Équateur s'adresse aux voyageurs curieux de nature et de cultures andines, prêts à composer avec l'altitude et des routes sinueuses. Le pays séduit particulièrement les randonneurs, les amateurs de faune sauvage et ceux qui rêvent d'observer des tortues géantes ou des fous à pieds bleus aux Galápagos. Les villes coloniales de Quito et Cuenca raviront les amateurs d'architecture et d'histoire.

En revanche, si vous cherchez des plages paradisiaques façon Caraïbes, passez votre chemin : la côte pacifique équatorienne reste plus brute, plus sauvage. Les infrastructures routières s'améliorent mais restent inégales selon les régions. L'altitude peut poser problème : Quito se trouve à 2850 mètres, et les excursions dans les Andes dépassent souvent les 4000 mètres. Prévoyez deux ou trois jours d'acclimatation avant de vous lancer dans les treks. La monnaie officielle est le dollar américain depuis l'an 2000, ce qui simplifie grandement les transactions.

Un budget accessible pour l'Amérique du Sud

L'Équateur continental reste l'un des pays les plus abordables du continent. Comptez 25 à 35 €/jour en mode routard, 60 à 90 €/jour en confort moyen. Les menus du midi dans les comedores locaux coûtent entre 2,50 et 4 $. Les trajets en bus interurbain reviennent à environ 1 $/heure de route. Les Galápagos représentent un budget à part : prévoyez un minimum de 1500 à 2500 € pour une semaine en séjour terrestre, bien davantage pour une croisière.

La route des volcans : l'épine dorsale andine

Alexander von Humboldt l'avait baptisée « l'avenue des volcans » au XIXe siècle. Cette route qui traverse les Andes équatoriennes du nord au sud aligne des sommets dont les noms résonnent comme une promesse d'aventure : Cotopaxi, Chimborazo, Tungurahua, Cayambe.

Le Cotopaxi, avec ses 5897 mètres, est considéré comme l'un des volcans actifs les plus hauts du monde. Son cône parfaitement symétrique et couronné de neiges éternelles domine le parc national du même nom. L'ascension jusqu'au refuge à 4800 mètres est accessible aux marcheurs en bonne condition physique. Les plus aguerris peuvent tenter le sommet avec un guide certifié, une expédition qui débute vers minuit pour profiter de la neige durcie.

Le Chimborazo culmine à 6310 mètres. Ce géant détient un record méconnu : son sommet est le point de la surface terrestre le plus éloigné du centre de la Terre, en raison du renflement équatorial. Les alpagas et les vigognes paissent librement sur ses flancs, offrant des scènes dignes des plus belles cartes postales andines.

Conseil d'ami : pour éviter le mal des montagnes, hydratez-vous abondamment et évitez tout effort intense les deux premiers jours à Quito. Les feuilles de coca, contrairement au Pérou, ne sont pas couramment utilisées ici.

La lagune de Quilotoa et la boucle des villages andins

La lagune de Quilotoa occupe le cratère d'un ancien volcan effondré il y a 800 ans. Ses eaux oscillent entre le vert émeraude et le bleu profond selon la lumière. Le spectacle depuis le bord du cratère, à 3914 mètres d'altitude, laisse sans voix. On peut descendre jusqu'à la lagune en une quarantaine de minutes, mais la remontée, bien plus exigeante, prend près d'une heure.

La boucle de Quilotoa constitue un trek de deux à trois jours à travers des villages andins où le temps semble s'être arrêté. Isinlivi, Chugchilán et Sigchos offrent des hébergements simples mais chaleureux dans des auberges familiales. Les marchés hebdomadaires, notamment celui de Guamote le jeudi, permettent d'observer la vie quotidienne des communautés indigènes, loin des circuits touristiques classiques.

Les Galápagos : le rêve de Darwin à portée de palmes

Les îles Galápagos, situées à un millier de kilomètres de la côte, constituent le graal des naturalistes. Ici, les animaux n'ont jamais appris à craindre l'homme. Les otaries se prélassent sur les bancs publics, les iguanes marins traversent les chemins sans se presser, les fous à pieds bleus exécutent leur parade nuptiale à quelques mètres des visiteurs.

Deux options principales s'offrent aux voyageurs : la croisière ou le séjour terrestre. La croisière permet d'accéder aux îles les plus reculées et d'optimiser le temps, mais les prix s'envolent rapidement. Comptez 3500 à 8000 € par personne pour une semaine. Le séjour terrestre, basé sur les îles habitées comme Santa Cruz, San Cristóbal ou Isabela, avec des excursions à la journée, revient nettement moins cher tout en offrant des rencontres animalières remarquables.

Le droit d'entrée au parc national s'élève désormais à 200 $ par adulte, auquel s'ajoute une carte de transit de 20 $. Les vols intérieurs depuis Quito ou Guayaquil coûtent entre 350 et 500 $ aller-retour.

Conseil d'ami : réservez vos excursions de plongée ou de snorkeling sur place plutôt que depuis le continent. Les prix sont souvent plus compétitifs et vous pourrez vérifier la qualité des opérateurs.

L'Amazonie équatorienne : la jungle accessible

Contrairement au Pérou ou au Brésil, l'Amazonie équatorienne se trouve à quelques heures de route de Quito. La réserve de Cuyabeno, au nord-est du pays, abrite une forêt primaire parmi les mieux préservées du continent. On y accède en pirogue, glissant sur des eaux noires bordées de palétuviers où les caïmans observent impassibles les visiteurs.

La région de Tena et Misahuallí offre une alternative plus accessible et moins onéreuse. Les lodges y proposent des séjours de deux à quatre jours incluant randonnées en forêt, rencontres avec les communautés Huaorani ou Cofán, et observation nocturne de la faune. Les dauphins roses de rivière, les singes hurleurs et les aras multicolores peuplent ces forêts d'une biodiversité exceptionnelle.

Les séjours en Amazonie s'organisent généralement en formules tout compris depuis Quito ou Coca. Prévoyez 150 à 300 € pour trois jours en lodge de catégorie moyenne, transferts et activités inclus.

L'Équateur dans l'assiette : des Andes à la côte

La cuisine équatorienne reflète la diversité géographique du pays. Dans la Sierra, le locro de papa règne en maître : cette soupe crémeuse à base de pommes de terre, de fromage et d'avocat réchauffe les soirées d'altitude. Le cuy, cochon d'Inde grillé, reste un mets traditionnel des Andes, servi lors des fêtes et des grandes occasions. Il faut dépasser l'appréhension initiale pour apprécier sa chair délicate.

Sur la côte, le ceviche de crevettes diffère de son cousin péruvien : les fruits de mer baignent dans un bouillon de tomate et de citron vert, accompagnés de maïs grillé et de chips de banane plantain. L'encebollado, ragoût de thon aux oignons et à la yuca, constitue le remède local contre la gueule de bois, servi dès l'aube dans les marchés populaires. Les bolones de verde, boulettes de banane plantain farcies au fromage ou au chicharrón, accompagnent le petit-déjeuner côtier.

Les marchés regorgent de fruits inconnus ailleurs : naranjilla, granadilla, pitahaya, chirimoya. Les jus frais pressés sur place coûtent moins d'un dollar et valent tous les smoothies branchés des capitales occidentales.

Quand partir en Équateur ?

L'Équateur se visite toute l'année, mais chaque région possède son propre rythme saisonnier. Dans la Sierra, la saison sèche s'étend de juin à septembre, avec des journées ensoleillées et des nuits fraîches. Les températures varient peu au fil de l'année, oscillant entre 10 et 20°C selon l'altitude. La saison des pluies, de décembre à mai, apporte des averses généralement brèves en fin d'après-midi.

Sur la côte pacifique, la logique s'inverse : la saison chaude et humide court de décembre à avril, idéale pour les plages. L'observation des baleines à bosse au large de Puerto López se pratique de juin à septembre. En Amazonie, les mois les moins pluvieux vont d'août à février, bien que la jungle reste humide en permanence.

Aux Galápagos, les deux saisons offrent des avantages différents. La saison chaude, de décembre à mai, apporte des eaux plus chaudes pour le snorkeling et la nidification des oiseaux. La saison froide, de juin à novembre, attire les plongeurs avec une meilleure visibilité sous-marine et la présence des requins-baleines autour des îles Darwin et Wolf.

Comment aller en Équateur ?

Depuis la France, aucun vol direct ne relie Paris à Quito. Les connexions les plus fréquentes passent par Madrid avec Iberia ou Air Europa, Amsterdam avec KLM, ou les hubs américains comme Miami avec American Airlines. Comptez entre 13 et 18 heures de voyage total selon les escales. Les prix oscillent entre 700 et 1200 € aller-retour, avec des tarifs plus avantageux en mars et septembre.

Guayaquil, sur la côte, constitue une alternative à Quito comme porte d'entrée, parfois moins chère et pratique pour ceux qui souhaitent rejoindre directement les Galápagos ou la côte pacifique. Les compagnies LATAM, Avianca et Delta desservent également cette destination.

Les ressortissants français n'ont pas besoin de visa pour un séjour touristique de moins de 90 jours. Le passeport doit être valide au moins six mois après la date de retour prévue.

Comment se déplacer en Équateur ?

Le réseau de bus irrigue l'ensemble du territoire avec une efficacité remarquable. Les compagnies privées proposent plusieurs catégories de confort, des bus locaux aux « ejecutivo » climatisés avec sièges inclinables. Le trajet Quito-Cuenca prend environ huit heures pour 10-15 $. Les gares routières, appelées « terminales terrestres », se trouvent généralement en périphérie des villes.

La location de véhicule permet une liberté appréciable, notamment pour la route des volcans, mais la conduite locale peut déstabiliser les non-initiés. La signalisation reste parfois approximative et les camions lents ralentissent les routes de montagne. Comptez 35 à 50 € par jour pour un véhicule de catégorie moyenne, avec une assurance complète fortement recommandée.

Pour les Galápagos, des liaisons en ferry relient les principales îles habitées pour environ 25 à 30 $ par traversée. Les lanchas rapides sont efficaces mais peuvent secouer sérieusement par mer agitée. À Quito et Guayaquil, les applications de VTC comme Uber fonctionnent parfaitement et offrent une alternative sûre aux taxis traditionnels.