Le mot de la rédaction, mis à jour le

Maragogi, les Caraïbes brésiliennes qui tiennent leurs promesses

La marée descend. À six kilomètres au large, les récifs de coraux affleurent et révèlent des piscines naturelles d'un turquoise irréel. Chaque jour, les barques emmènent des visiteurs nager au milieu des poissons-perroquets dans moins d'un mètre d'eau tiède. Ce spectacle a valu à Maragogi son surnom de Caraïbes brésiliennes. Et pour une fois, la comparaison n'est pas usurpée.

Est-ce une destination pour vous ?

Cette petite ville de 34 000 habitants, coincée entre Recife et Maceió sur la côte de l'Alagoas, ne convient pas à tout le monde. C'est une destination de plages, point final. Pas de musées, pas de vie nocturne trépidante, pas de patrimoine colonial à visiter. Les journées s'organisent autour de la marée : excursion aux piscines naturelles le matin, farniente sur les plages désertes l'après-midi, dîner de poisson grillé au coucher du soleil.

Les familles avec enfants adorent les eaux calmes et peu profondes. Les couples en quête de romantisme trouvent leur bonheur dans les pousadas intimes du littoral nord. En revanche, les voyageurs qui aiment explorer et varier les activités risquent de s'ennuyer après trois jours. Et ceux qui ne supportent pas la chaleur humide devraient éviter : les températures dépassent régulièrement 30°C toute l'année.

Un budget accessible pour le Brésil balnéaire

Comptez entre 200 et 400 R$ par nuit pour une pousada correcte, 600 à 1 500 R$ pour un resort all-inclusive. Un repas dans un restaurant de plage coûte 40 à 80 R$ par personne, le passeio aux piscines naturelles environ 120 R$ avec le transfert en catamarã.

Les piscines naturelles : le cœur de l'expérience

Trois zones de piscines se partagent les faveurs des visiteurs. Les Galés, les plus célèbres, forment le plus grand ensemble de récifs. L'eau y atteint 1 à 5 mètres de profondeur selon l'endroit, ce qui permet de faire son baptême de plongée avec bouteille. Taocas, plus petite et moins fréquentée, offre un cadre plus tranquille pour les familles. Barra Grande, la plus accessible, convient parfaitement aux enfants grâce à ses eaux très peu profondes.

Conseil d'ami : consultez la tábua de marés avant de réserver votre séjour. Les piscines ne sont accessibles que lorsque la marée descend sous 0,5 mètre. Les meilleures conditions s'observent autour des nouvelles et pleines lunes. Les barqueiros refusent de sortir par marée haute, et vous auriez tort d'insister.

Un chapelet de plages vers le nord

La plage centrale de Maragogi manque de charme. La ville tourne le dos à son front de mer, et les constructions s'entassent sans cohérence. Mais à mesure que vous remontez vers le nord sur l'AL-101, le décor change radicalement. Praia de Burgalhau offre un premier répit avec ses restaurants de fruits de mer installés sous les cocotiers.

Plus loin, Barra Grande dévoile le célèbre Caminho de Moisés, un banc de sable qui apparaît à marée basse et permet de marcher jusqu'à 2 km dans l'océan. Les hamacs installés dans l'eau et les vendeurs de pastéis rendent l'expérience délicieusement brésilienne.

Praia de Antunes concentre les hébergements haut de gamme. Ses eaux transparentes et ses rangées de cocotiers penchés offrent le décor de carte postale que tout le monde recherche. Enfin, Ponta de Mangue et Peroba, aux confins de l'Alagoas, garantissent une tranquillité absolue hors saison.

Excursions dans les environs

À 50 km au sud, São Miguel dos Milagres propose une alternative plus paisible avec ses plages désertes bordées de cocoteraies infinies. Les piscines naturelles y sont accessibles en jangada traditionnelle pour une fraction du prix pratiqué à Maragogi. Vers le nord, déjà dans l'État du Pernambouc, la Praia dos Carneiros justifie une journée d'excursion avec son église blanche plantée au bord de l'eau.

Les balades en buggy le long de la côte restent populaires. Les circuits passent par des plages inaccessibles en voiture et des points de vue sur les falaises de Japaratinga. Comptez environ 250 R$ pour un tour de 3 heures qui couvre le littoral nord ou sud.

Où manger et boire à Maragogi ?

La gastronomie locale tourne autour des fruits de mer. La peixada alagoana, un ragoût de poisson mijoté avec du lait de coco et de l'huile de palme, figure sur toutes les cartes. La moqueca et le homard grillé complètent l'offre standard des restaurants de plage.

Pour sortir des sentiers battus, le Tuyn propose une cuisine fusion brésilienne-asiatique dans le cadre raffiné de la pousada Praiagogi. Le chef hollandais d'origine indonésienne compose des plats qui tranchent avec l'offre locale. Le Camurim, dans la pousada du même nom à Barra Grande, exige une réservation mais offre probablement la meilleure table de la région avec son robalo au beurre de coco et sa côtelette d'agneau. Plus accessible, l'Odoiá sert une moqueca baiana honnête les pieds dans le sable, en plein centre.

Où dormir à Maragogi et aux alentours ?

Le centre de Maragogi concentre les options économiques et permet de sortir à pied le soir. Les pousadas y affichent des tarifs autour de 200 à 400 R$ la nuit. La Pousada Concha Dourada et l'Odoiá Maragogi offrent un bon rapport qualité-prix.

Les plages du littoral nord accueillent les hébergements les plus désirables. La Pousada Rangai et le Maragogi Brisa Exclusive, face à la Praia de Antunes, dominent le segment intermédiaire. Pour le grand luxe, le Salinas Maragogi et le Grand Oca fonctionnent en all-inclusive avec accès direct aux piscines naturelles depuis leur plage privée. Comptez 1 200 à 3 500 R$ la nuit selon la saison.

La petite ville de Japaratinga, à 10 km au sud, propose une alternative plus calme avec le Japaratinga Lounge Resort, régulièrement primé pour sa gastronomie.

Comment se rendre et se déplacer à Maragogi ?

Deux aéroports desservent la région. Maceió se trouve à 130 km au sud, Recife à 135 km au nord. La route prend environ 2 heures dans les deux cas sur des voies en bon état. Les transferts privés coûtent entre 300 et 500 R$ depuis l'un ou l'autre aéroport. Des minivans collectifs partent aussi de la gare routière de Maceió pour environ 50 R$.

Sur place, un véhicule facilite grandement les déplacements entre les plages. Sans voiture, les mototaxis et les vans locaux assurent la liaison entre le centre et les plages du nord. Un trajet jusqu'à Antunes revient à 3,50 R$ en van, davantage en mototaxi.

Quand y aller ?

La saison sèche s'étend de septembre à mars. C'est aussi la période où le soleil donne au mer ses teintes turquoise les plus intenses. Janvier et février attirent les foules brésiliennes en vacances, avec des prix en hausse et des hôtels complets. Octobre et novembre offrent le meilleur compromis : beau temps, faible affluence et tarifs raisonnables. Évitez mai à juillet, quand les pluies fréquentes troublent la visibilité dans les piscines naturelles.