
Pourquoi vivre à Madagascar comme expatrié ?
Découvrez des conseils d'expatriés pour comprendre les avantages et les inconvénients à vivre à Madagascar

Un indri lance son cri dans la canopée. Ce chant, qui porte à des kilomètres, ressemble à celui d'une baleine terrestre. Vous êtes quelque part dans la forêt d'Andasibe, à trois heures de route de la capitale, et vous réalisez que cet animal n'existe nulle part ailleurs sur Terre.
Madagascar s'est détachée de l'Afrique il y a 160 millions d'années, et depuis, la vie a pris ici des chemins singuliers. Les lémuriens, les baobabs géants, les caméléons aux couleurs impossibles : tout ce que vous verrez ici ne se trouve sur aucun autre continent.
Soyons francs dès le départ. Madagascar n'est pas une destination de tout repos. Les routes comptent parmi les plus défoncées d'Afrique, les trajets durent deux à trois fois plus longtemps que prévu, et l'infrastructure touristique reste modeste en dehors des circuits balisés. Si vous cherchez du confort permanent, des transferts fluides et des hôtels standardisés, vous n'êtes pas au bon endroit.
En revanche, si l'idée de passer 30 heures sur des pistes cahoteuses pour atteindre une forêt de pierres acérées vous galvanise, si vous êtes prêt à manger du riz trois fois par jour et à accepter les coupures d'électricité avec philosophie, alors cette île va vous transformer. Madagascar s'adresse aux voyageurs patients, aux naturalistes passionnés, aux amateurs d'authenticité brute.
Les familles avec jeunes enfants ou les personnes à mobilité réduite devront y réfléchir sérieusement.
Sur place, la vie coûte peu cher : comptez 15 à 25 euros par jour pour les repas et petites dépenses. Une chambre correcte se trouve entre 20 et 40 euros la nuit. Le budget explose cependant dès que vous louez un 4x4 avec chauffeur, passage obligé pour explorer le pays : environ 60 à 80 euros par jour, carburant en sus. Les entrées des parcs nationaux et les guides obligatoires ajoutent 10 à 20 euros par visite.
L'Allée des Baobabs, près de Morondava, figure sur toutes les cartes postales. Ces géants de 800 ans se dressent le long d'une piste poussiéreuse, et au coucher du soleil, leurs silhouettes prennent des teintes orangées irréelles. Le spectacle dure vingt minutes, mais il s'imprime pour toujours. Arrivez une heure avant le crépuscule pour éviter les groupes et photographier sans être bousculé.
Le Parc National d'Isalo, dans le sud, déploie des canyons de grès ocre qui évoquent l'Utah américain. Des piscines naturelles aux eaux limpides se cachent au fond de gorges tapissées de palmiers. La randonnée jusqu'à la Piscine Naturelle prend environ trois heures aller-retour, et la baignade dans cette oasis après la chaleur du plateau récompense largement l'effort.
Le Tsingy de Bemaraha, classé au patrimoine mondial, reste l'expérience la plus intense du pays. Ces aiguilles de calcaire, sculptées par l'érosion sur des millions d'années, forment un labyrinthe vertical où l'on progresse harnaché, via ferrata et ponts suspendus. Le Grand Tsingy demande une bonne condition physique et un départ aux aurores pour éviter la chaleur accablante. Comptez minimum quatre jours depuis Morondava pour y accéder, sur des pistes épouvantables. Le jeu en vaut la chandelle.
Conseil d'ami : réservez deux nuits sur place plutôt qu'une. Le trajet aller vous épuisera, et vous apprécierez d'explorer le Petit Tsingy le lendemain matin, plus accessible mais tout aussi spectaculaire.
Plus de 100 espèces de lémuriens peuplent les forêts malgaches, et nulle part ailleurs vous ne verrez ces primates aux yeux ronds. Le parc d'Andasibe-Mantadia, à seulement 140 km de la capitale, abrite les fameux indris, les plus grands lémuriens vivants. Leur chant matinal résonne dans la forêt humide, et les guides locaux savent exactement où les trouver.
Plus au sud, la réserve communautaire d'Anja, gérée par les villageois eux-mêmes, permet d'approcher les makis catta à quelques mètres. Ces lémuriens à queue annelée se promènent sur les rochers avec une nonchalance déconcertante. L'entrée coûte quelques euros et finance directement la communauté locale.
Certains sites encouragent les lémuriens à sauter sur les épaules des visiteurs pour des photos. Évitez ces pratiques qui nuisent aux animaux et faussent leur comportement naturel. Les meilleures observations se font dans les parcs nationaux avec des guides formés à l'éthique de conservation. Le parc de Ranomafana, sur la route du sud, offre des randonnées en forêt tropicale où l'on croise aussi des caméléons minuscules et des grenouilles fluo.
Nosy Be, au nord-ouest, concentre l'essentiel du tourisme balnéaire malgache. Les plages y sont belles, les hôtels nombreux, mais l'ambiance rappelle parfois une station un peu trop fréquentée. Pour plus d'authenticité, poussez jusqu'à Nosy Komba ou Nosy Sakatia, des îlots voisins où le rythme ralentit considérablement.
Sur la côte est, l'Île Sainte-Marie déroule un autre registre : ancienne repaire de pirates au XVIIe siècle, elle conserve un cimetière corsaire et une atmosphère désuète. De juillet à septembre, les baleines à bosse viennent mettre bas dans ses eaux. Observer ces géantes depuis une pirogue traditionnelle, moteur coupé, reste un moment suspendu dans le temps.
Loin des circuits classiques, le village de pêcheurs d'Anakao, dans le sud-ouest, propose des plages désertes et une immersion totale dans la culture Vezo. Les pirogues à balanciers partent chaque matin, et le poisson grillé du soir provient de la pêche du jour.
La RN7, route nationale reliant Antananarivo à Tuléar, traverse les hauts plateaux et constitue l'itinéraire le plus emprunté du pays. En 1000 km, les paysages défilent : rizières en terrasses, villages de briques rouges, marchés animés, forêts d'eucalyptus. La ville d'Antsirabe, ancienne station thermale coloniale, mérite une halte pour ses ateliers d'artisans et ses pousse-pousse colorés.
Plus au sud, Fianarantsoa domine les vignobles malgaches. Oui, on produit du vin ici, et le Lazan'i Betsileo surprend agréablement les palais curieux. La vieille ville haute, avec ses ruelles pavées et ses maisons en pisé, dégage un charme suranné que peu de voyageurs prennent le temps de découvrir.
Conseil d'ami : ne sous-estimez jamais les temps de trajet. Un GPS indiquant 4 heures se transforme souvent en 6 ou 7 heures sur les routes malgaches. Partez tôt, prévoyez des marges, et ne conduisez jamais de nuit.
Le riz accompagne chaque repas malgache, matin, midi et soir. Le romazava, plat national, associe du zébu mijoté à des brèdes, ces feuilles vertes aux vertus légèrement analgésiques. Le ravitoto, ragoût de feuilles de manioc pilées avec du porc et parfois du lait de coco, offre des saveurs profondes et réconfortantes. Dans les gargotes locales appelées hotely, un repas complet coûte moins de 2 euros.
Sur les côtes, les fruits de mer abondent. Langoustes, crevettes camarons, crabes : les prix défient toute concurrence européenne. Goûtez aussi au koba, gâteau traditionnel de riz, cacahuètes et sucre de canne, enveloppé dans une feuille de bananier. Pour accompagner le tout, la bière THB est omniprésente, et le rhum arrangé maison se décline en dizaines de parfums selon les régions.
La saison sèche, d'avril à octobre, offre les meilleures conditions pour voyager. Les routes restent praticables, les températures sont douces sur les hauts plateaux, et la pluie se fait rare. Les mois d'avril-mai et septembre-octobre combinent chaleur agréable et faible affluence touristique.
De novembre à mars, la saison des pluies rend certaines pistes impraticables et les cyclones menacent les côtes est et nord entre janvier et mars. Le sud-ouest reste cependant accessible toute l'année grâce à son climat semi-aride. Pour observer les baleines à bosse à Sainte-Marie, visez juillet à septembre. Les nuits sur les hauts plateaux peuvent être fraîches en juillet-août, avec des températures descendant parfois à 5°C : emportez des vêtements chauds.
Depuis la France, des vols directs relient Paris-CDG à Antananarivo en environ 11 heures. Air France, Corsair et Madagascar Airlines assurent ces liaisons. Les tarifs oscillent entre 600 et 1200 euros aller-retour selon la saison, avec des prix plus bas en février-mars et plus élevés en juillet-août.
Des vols avec escale via Addis-Abeba, Nairobi, Dubaï ou La Réunion offrent parfois des alternatives moins chères mais allongent le trajet à 15-20 heures. L'aéroport d'Ivato se trouve à 17 km du centre-ville de Tananarive. Un visa touristique est obligatoire, payant, et peut s'obtenir en ligne ou à l'arrivée pour un séjour de 30 jours.
Oubliez l'idée de conduire vous-même. La location de voiture sans chauffeur est quasi impossible, et les conditions routières exigent une expertise locale. La formule standard consiste à louer un 4x4 avec chauffeur-guide, pour environ 60 à 80 euros par jour hors carburant. Votre chauffeur connaît les pistes, négocie les passages délicats, et devient souvent un compagnon de voyage précieux.
Les taxi-brousse, ces minibus bondés qui relient les villes, coûtent presque rien mais exigent patience et robustesse. Les trajets s'étirent sur des heures, les arrêts sont imprévisibles, et le confort reste sommaire. Pour les longues distances, les vols intérieurs avec Tsaradia permettent de relier Tana à Morondava, Tuléar ou Nosy Be en une heure, mais les tarifs sont élevés et les retards fréquents. Les ferries desservent les îles, avec des traversées parfois houleuses.




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