

La lumière du matin traverse les 7 000 lames de verre sérigraphiées de la façade et projette sur le sol des motifs mouvants, comme une mosaïque vivante. Face aux arènes bimillénaires, ce bâtiment inauguré en 2018 ne cache pas son ambition : créer un pont visible entre deux époques que séparent vingt siècles.
Ce musée est né d'une découverte exceptionnelle. En 2007, des fouilles préventives avenue Jean-Jaurès ont mis au jour deux mosaïques du IIe siècle dans un état de conservation remarquable. Les spécialistes les ont alors qualifiées de plus belles pièces découvertes en Gaule depuis celles de Pompéi. La mosaïque de Penthée, qui représente le roi de Thèbes assassiné par sa propre mère sous l'emprise de Dionysos, constitue un document unique dans tout l'ancien territoire de la Gaule narbonnaise.
L'architecte Elizabeth de Portzamparc a conçu un écrin à la hauteur de ces trésors : une façade ondulante qui évoque les plis d'une toge romaine, en contraste assumé avec la masse minérale des arènes voisines. Le résultat divise parfois, mais personne ne reste indifférent.
Le parcours débute dans l'atrium, où un spectaculaire fronton de propylée reconstitué domine l'espace à 15 mètres de hauteur. Cette pièce monumentale provient du sanctuaire de la source qui donna naissance à la ville, quand les Gaulois Volques Arécomiques célébraient le dieu Nemausus.
Un escalier à double révolution entraîne ensuite le visiteur à travers les époques. La section gallo-romaine rassemble les pièces les plus impressionnantes : mosaïques aux couleurs préservées, statues de divinités, verreries délicates, objets du quotidien qui racontent la vie des habitants de Nemausus il y a deux millénaires. Les reconstitutions de pièces de la Domus Villa Roma permettent de visualiser concrètement l'habitat romain.
Soixante-cinq dispositifs multimédia jalonnent le parcours. Des projections monumentales animent certaines pièces archéologiques. Des cartographies interactives permettent de visualiser l'évolution de Nîmes à travers les siècles. La réalité augmentée superpose des reconstitutions virtuelles aux vestiges exposés. Cette approche technologique peut dérouter les puristes, mais elle rend l'archéologie accessible aux plus jeunes et aux néophytes.
Le parcours se poursuit au Moyen Âge avec une collection plus modeste mais qui éclaire la transformation de la ville, notamment la période où les arènes furent transformées en forteresse abritant habitations et lieu de culte.
Le rooftop offre une vue à 360° sur la ville. Les arènes s'étalent en contrebas, la Maison Carrée se devine au loin, la Tour Magne domine les collines. C'est le point de vue idéal pour comprendre la géographie de la Nîmes antique. L'accès à cette terrasse est gratuit, même sans billet pour le musée.
À l'arrière du bâtiment, un jardin méditerranéen de 3 500 m² prolonge la visite en plein air. Il conserve un vestige du rempart augustéen et propose une végétation organisée selon les grandes périodes historiques du musée.
Conseil d'ami : Prévoyez votre visite le premier dimanche du mois pour bénéficier de la gratuité. Le restaurant panoramique La Table du 2, dont la carte a été conçue par le chef étoilé Franck Putelat, propose un menu déjeuner à prix accessible avec vue directe sur les arènes.
*Informations sujettes à variation