
Perché sur la colline d'Himeyama au cœur de la ville de Himeji, le Château de Himeji déploie ses murs d'un blanc immaculé comme les ailes d'un héron sur le point de s'envoler. Cette forteresse, qui a traversé quatre siècles sans jamais être assiégée ni détruite, incarne à elle seule la quintessence de l'architecture défensive japonaise. L'un des douze derniers châteaux japonais dont le donjon en bois est encore authentique , elle fut inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1993.
Le château tel qu'on le connaît aujourd'hui fut achevé en 1609 par le daimyo Ikeda Terumasa, un cadeau du shogun Tokugawa Ieyasu après la bataille de Sekigahara. Mais son histoire remonte au XIVe siècle, lorsqu'une première fortification fut érigée sur ce site stratégique à l'ouest de Kyoto. Ce qui rend Himeji exceptionnel, c'est son état de conservation miraculeux : contrairement à la plupart des châteaux japonais détruits pendant la restauration Meiji ou bombardés durant la Seconde Guerre mondiale, celui-ci a survécu intact.
Surnommé Shirasagi-jo, le château du Héron Blanc, il doit ce poétique surnom à ses murs recouverts de plâtre blanc éclatant qui contrastent avec les toits noirs de ses tuiles. Cette blancheur n'est pas qu'esthétique : le plâtre protège le bois des incendies et de l'humidité. Entre 2010 et 2015, de grands travaux de rénovation lui ont redonné son lustre d'origine, ravivant cette blancheur légendaire.
L'architecture du château relève du génie militaire. 83 bâtiments composent cet ensemble fortifié, reliés par des chemins sinueux conçus pour piéger l'ennemi. Chaque porte, chaque tournant expose les assaillants aux tirs des défenseurs postés aux meurtrières. Les murs incurvés, souvent comparés à des éventails, ne sont pas un ornement : leur forme confère une solidité exceptionnelle et rend toute escalade impossible.
Le parcours vers le donjon principal s'apparente à gravir une petite montagne. Six étages à l'intérieur pour cinq visibles de l'extérieur : les planchers se rétrécissent à mesure qu'on monte, les escaliers deviennent de plus en plus raides. Au sommet, un petit sanctuaire shinto veille sur le château, et les fenêtres offrent une vue panoramique sur Himeji et ses environs.
À l'intérieur du donjon, les vastes salles en bois révèlent deux piliers massifs d'origine qui supportent l'ensemble de la structure depuis quatre siècles. Les ouvertures stratégiques destinées aux archers et aux arquebusiers rappellent la fonction première de cette forteresse. Le bois craque sous vos pas, chaque marche résonne de l'histoire des samouraïs qui arpentaient ces mêmes escaliers.
Le Nishi-no-maru, la tour de l'Ouest, abritait les appartements de la princesse Sen, petite-fille du shogun Tokugawa Ieyasu. Cette section plus intime du château contraste avec l'austérité militaire du donjon principal et offre un aperçu de la vie quotidienne de la noblesse féodale.
Juste à côté du château, le jardin Koko-en créé en 1992 se compose de neuf jardins séparés, chacun aménagé selon un style différent de l'époque Edo. Étangs avec carpes koi, maisons de thé traditionnelles, ponts de bois : c'est l'endroit parfait pour se reposer après l'ascension du donjon. Le jardin offre également des vues magnifiques sur le château en arrière-plan.
Le château se pare de mille visages au fil des saisons. Au printemps, plus de 1000 cerisiers explosent en fleurs dans l'enceinte, créant un spectacle féerique lors du hanami. L'automne embrase les alentours de couleurs flamboyantes. L'hiver révèle la structure dans sa pureté la plus absolue. Et chaque soir, le château s'illumine jusqu'à minuit, offrant un spectacle nocturne saisissant.
Les autres choses à voir :
Le conseil d'ami : Arrivez 15 à 30 minutes avant l'ouverture (9h, voire 8h-8h30 en haute saison) pour éviter les foules. Prévoyez des chaussettes épaisses ou des chaussures d'intérieur confortables : vous devrez retirer vos chaussures pour entrer dans les bâtiments et les escaliers en bois peuvent être glissants. Comptez au minimum 90 minutes pour une visite complète.
*Informations sujettes à variation