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Tel-Aviv, la ville qui refuse de dormir

Il est 23 heures un mardi soir, et le boulevard Rothschild vibre encore sous les terrasses bondées. Quelques rues plus loin, dans le quartier de Florentin, un groupe improvise un concert sous un porche couvert de graffitis. À Tel-Aviv, le concept de soirée calme semble avoir été banni du vocabulaire local.

Fondée en 1909 sur les dunes au nord de Jaffa, cette métropole méditerranéenne s'est construite avec une urgence joyeuse, empilant les époques comme on empile les couches de houmous dans une assiette.

Une destination taillée pour les hédonistes urbains

Si vous cherchez une ville où spiritualité rime avec recueillement, vous confondez peut-être avec Jerusalem. Tel-Aviv est le contre-pied exact de sa voisine. Ici, les cafés servent des cappuccinos le samedi, les plages accueillent des fêtes jusqu'à l'aube, et la communauté LGBTQ+ vit au grand jour comme nulle part ailleurs au Moyen-Orient. La ville convient aux voyageurs qui aiment combiner plage, gastronomie, architecture et vie nocturne débridée.

Vous risquez d'être déçu si vous attendez des monuments millénaires ou une ambiance orientale pittoresque. Tel-Aviv est résolument moderne, parfois bruyante, souvent chaotique. Les voyageurs en quête de calme trouveront la ville épuisante et coûteuse.

Le Shabbat et le budget à anticiper

Du vendredi après-midi au samedi soir, les transports publics s'arrêtent et de nombreux commerces ferment. Les bars et restaurants restent animés, mais prévoyez vos déplacements. Côté budget, comptez 80 à 100 € par jour en mode économe, avec un lit en auberge à 30-50 € et un repas de rue à 10-15 €. Pour un confort moyen, visez 180-250 € quotidiens.

La Ville Blanche et ses quartiers contrastés

Le centre-ville, baptisé Lev Ha'ir, concentre la fameuse architecture Bauhaus classée à l'UNESCO. Plus de 4 000 bâtiments blancs aux balcons arrondis furent construits dans les années 1930 par des architectes juifs fuyant l'Allemagne nazie. Le Bauhaus Center propose des visites guidées chaque vendredi et dimanche. Le boulevard Rothschild, première rue officielle de Tel-Aviv, abrite le bâtiment où David Ben Gourion proclama l'indépendance d'Israël.

Au sud, Florentin incarne la contre-culture locale. Ancien secteur industriel reconverti par les artistes, ses murs se couvrent de fresques signées par des graffeurs comme Know Hope. Le marché Levinsky, plus authentique que le Carmel, déborde d'épices et de pâtisseries turques.

Conseil d'ami : visitez le Bauhaus à pied en début de matinée, quand la lumière rasante accentue les reliefs des façades blanches.

Neve Tzedek et Jaffa : aux origines de la ville

Neve Tzedek fut le premier quartier juif construit hors des murs de Jaffa en 1887. Ses ruelles pavées bordées de maisons basses aux tons pastel évoquent davantage un village provençal qu'une métropole moyen-orientale. Boutiques de créateurs et galeries d'art s'alignent sur la rue Shabazi, et le Centre Suzanne Dellal programme les meilleurs spectacles de danse contemporaine du pays.

Plus au sud, le vieux Jaffa plonge dans quatre millénaires d'histoire. Ce port antique, l'un des plus vieux du monde, mêle ruelles ottomanes, galeries d'artistes et marchés aux puces. La tour de l'Horloge marque l'entrée du quartier. Le Shuk Hapishpeshim regorge d'antiquités et de vinyles. Quatorze kilomètres de plages bordent la ville, de Gordon Beach familiale à Hilton Beach gay-friendly en passant par Banana Beach, plus calme.

Conseil d'ami : la promenade Tayelet relie toutes les plages sur huit kilomètres. Idéale au coucher du soleil, quand les joggers cèdent la place aux flâneurs.

Où manger et boire à Tel-Aviv ?

La cuisine fusionne les influences de toutes les diasporas juives avec les saveurs arabes locales. Le shakshuka se déguste chez Shlomo et Doron, institution familiale depuis 1937. Le houmous atteint des sommets chez Abu Hassan à Jaffa ou Mashawasha près de Bograshov Street. Les falafel de HaKosem comptent parmi les meilleurs du pays.

Pour la street food, le sabich rivalise avec le falafel : aubergine frite, œuf dur et tahini dans un pain pita. Sabich Frishman sert la version de référence. Côté sucré, le malabi et le knafeh closent dignement le repas.

Où dormir à Tel-Aviv ?

Neve Tzedek offre charme et proximité, mais les prix y sont élevés. Florentin propose des auberges abordables comme le Florentin House. Le centre autour de Rothschild concentre les hôtels de standing moyen. Pour les budgets serrés, le secteur du marché Levinsky offre les meilleurs tarifs.

Comment se rendre et se déplacer à Tel-Aviv ?

L'aéroport Ben Gourion se situe à 20 kilomètres. Le train relie l'aéroport au centre en 15 minutes pour 4 €. Depuis la France, comptez 4h30 de vol direct. La ligne de tramway Red Line, inaugurée en 2023, traverse la ville. Les applications Gett et Yango fonctionnent comme Uber, et le système Tel-O-Fun compte 200 stations de vélos.

Conseil d'ami : depuis janvier 2025, l'autorisation électronique ETA-IL est obligatoire pour les Français. Faites la demande en ligne avant le départ.

Quand y aller ?

Les meilleures périodes s'étendent d'avril à mai et de septembre à novembre, avec des températures entre 20 et 28°C. L'été dépasse souvent 32°C, supportable grâce à la brise marine. L'hiver reste doux mais pluvieux. La période des fêtes juives en septembre-octobre voit les prix grimper.